‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 102 sur 186 · CONSÉQUENCES FACHEUSES DE L* ÉMIGRATION GRECQUE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES FACHEUSES DE L* ÉMIGRATION GRECQUE

villes et les cantons do la Grèce dont la dépopulation, déjà commencée longtemps avant la dernière guerre d*Achaîe, avait sans cesse augmenté depuis l'engourdissement et le dépérissement de la vie politique en Grèce*; il n*était pas moins regrettable que Tamour de la patrie, dans le sens plus restreint du mot, qui, déjà du temps des grands Diadoques, avait diminué graduellement en bien dos endroits, disparu! complètement chez des milliers d'hommes, grâce au nouveau cosmopolitisme; que les Grecs de cette époque et de celle qui suivit eussent bien conservé l'antique goût des voyages qui caractérisait la race grecque des temps passés, mais que rattachement profond au sol natal cédât de plus en plus le pas à cette manière de voir dont le programme se résumait dans cette odieuse maxime : Ubi bene^ ibt patria! Ajoutez à cela que les Grecs éprouvèrent en Italie bien souvent le triste sort qui a condamné tant de nobles nations à n'être plus que « le fumier de la civilisation ». Elles sont innombrables les humiliations auxquelles furent exposés notamment les Grecs des classes élevées — à moins qu'ils n'arrivassent à une haute position, comme entre autres le Lesbien Théophane auprès du grand Pompée — qui cherchaient et trouvaient leur place à l'ombre des grandes familles de la capitale du monde, dans l'entourage des nobles et riches Romains, et plus tard aussi à la cour dont s'entouraient les grandes dames romaines. La profonde corruption qui, surtout depuis la ruine de Garthage et de Corinthe, prenait dans le monde romain des proportions vraiment colossales, n'empêchait nullement les fiers habitants de Rome et de l'Italie de regarder avec un souverain mépris l'agitation fiévreuse et bruyante des Grecs de tout rang et de toute profession qui s'étaient établis partout au milieu d'eux. Les Romains des basses classes, les propriétaires fonciers de la classe moyenne aux rudes allures et la noblesse princière, malgré le dépérissement progressif et inévitable du vieil

*) Cf. en général Curtius, Peloponn., vol. I, p. 78 sqq. Zumpt, Ueberden Stand der BeviHkerung und die Volksvermehrimg im Alterthum, p. 13 sqq., FiNLAY, Gfvifie under Uœ Romans, trad. ail., p. 47 sqq., et v. plus bas. V. aussi Hermann, Griech, Privatnlterth. ^ § 1, 9. Fiedlkr, Gesch. von AUgriechcnlandf p, 169. 171.

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