LA TROISIÈME GUERRE CONTRE MITHRADATE
tuation redevint lolérable *. Pompée, Thoureux rival et le successeur de Lucullus sur le théâtre de la çuerre en Asie (66-62 avant J.-C), auquel, comme l'on sail, échut la mission d'établir un ordre de choses définitif dans les pays d'Orient soumis aux Romains, s'occupa lui aussi avec zèle de la prospérité des cités de T Asie-Mineure et de la Svrie selon les traditions helléniques et hellénistiques 2. C'est à cette époque aussi (en 62) que la malheureuse Mytilène redevint indépendante, et cela grâce à Tinfluence qu'un de ses habitants, Thistorien Théophanc, exerçait sur Pompée ' : en reconnaissance de ce service, les habitants de cette ville célébrèrent la mémoire de Théophane en lui accordant des honneurs divins*. Les Grecs d'Asie ne s'en ressentirent pas moins longtemps encore des suites des terribles guerres des Romains contre Mithradate. La pauvreté et les dettes, le meurtre et le brigandage se renouvelant sans cesse, des scènes tumultueuses dans les villes, la spoliation des temples, étaient à Tordre du jour. Si quelques villes se relevèrent plus vile, si quelques familles du pays parvinrent à une grande fortune, ces contrées, considérées dans leur ensemble, ne virent des jours meilleurs qu'au commencement de la domination des Césars. C'est un phénomène aussi effrayant que caractéristique que, vers 61 avant J.-C, longtemps avant les formidables luttes intestines qui précédèrent Téta-
*) Memnon, c, 59 sqq. Je ne sais si Iléraclée fut de nouveau déclarée libre plus tard ; il paraît qu'elle ne le fut pas; v. aussi Kudn, op. cit.^ p. 140. Plus tard, César conduisit à Hôraclée une colonie romain^, comme à Sinope. Sthabon, XH, 3, G, p. 818 (5i2). Zumpt, op. cit., p. 317. Bbcker-Mar- QÏTARDT, p. 153. 334.
^) V. \loMMSEN, R. G, y vol. m, p. 140, 143 sq. et des passages comme Dio Cass., XXXVII, 20, et Joseph., Ant., XVI, 2, 4.
5) Vell , H, 18. PuîT., Fomp., c. 42; cf. Plin. N. H., V, 31 (39), 139. Stiubon, XIII, 2, 3, p. 918 (617). Dio Chrysost., II, p. G21, 622 R. On a une inscription de Mytilène, datant de 62 av. J.-C, en Thonneur de Pompée (voy. Keil in Phihhym, Suppicmentbd,, II [1863], p. 576 sqq). A cette époque ou plus tard, la ville de Phocée, qui s'était attirée ta haine des Romains poar s'élre déclarée pour Àristonicos (p. 314) et qui n'avait échappé autrefois à la destruction que gr&ce à Tintercession de sa colonie Mussalia (Justin., 37. 1), fut déclarée autonome par Pompée, encore à la requête des Massaliotes; c. Dio Cass., XLI, 25. Lucan., PharsaL, V, 53.
*) Tacit., Annal, , VI, 18; cf. Eckhel, D, N., II, 504. Mio.nnet, De Gr» et Rom. num., III, p. 47, n® 108, et VI, 36. Visconti, Iconographie Gr, I, p. 232, 336. Mlller, Fr. llist. Gr., III, p. 312.