‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 117 sur 186 · LES PIRATES · texte numérisé non relu

LES PIRATES

blissement du pouvoir impérial et achevèrent la ruine de ces malheureux pays, de grandes villes comme Samos et Ilalicarnassc étaient à moitié en ruines et presque complètement abandonnées par leurs habitants *.

Ce qui ajouta à Teirroyable misère des Hellènes pendant toute la période comprise entre la fin de la première guerre contre Mithradate'et Tannée 67 av. J.-C, ce fut un phénomène désastreux étroitement lié à la lutte que le roi de l^ont soutenait contre Rome et dont Thistoire nous ramène en même temps à celle des Grecs d'Europe : c'est la piraterie de ces temps-là. Nous avons déjà eu l'occasion de faire remarquer (p. 323) que Mithradatc avait employé, comme auxiliaires contre les Romains, les pirates qui depuis longtemps infestaient la partie orientale de la Méditerranée. En face de la description classique qu'un historien moderne nous a faite de cet état de choses-, nous n'essaierons pas de retracer en détail l'image de la piraterie; il suffira d'insister plus particulièrement sur les faits principaux, sur ceux qui ont exercé le plus d'influence sur l'histoire de la Grèce. A l'origine, le noyau des forces des pirates de la Méditerranée orientale était formé par les sauvages habitants des côtes incultes et irrégulières qui s'étendent au pied des pentes méridionales du Taurus en Asie-Mineure, et avant tout par ceux de la Cilicie occidentale (« au rude climat ») et des contrées voisines, à côté desquels les Cretois aussi jouaient un des rôles principaux dans ce métier aussi honteux que lucratif (p. 294). Ces pirates, depuis le commencement de la première guerre contre Mithradate, étaient devenus une véritable puissance politique indépendante; la piraterie avait môme dès lors, sous rinfluence combinée de diverses circonstances, pris

*) CiCf Ad Quint, fr., I, 1,8, 25. Il est probable que la crainte des pirates, dont nous allons parler, y a fortement contribué. D'après Cic, loc. cit. y le frère du grand orateur, Quintus, proconsul d'Asie de Cl à 59 av. J.-C, aurait beaucoup fait pour soulager les misères dont on souiïraitlà eb ailleurs (il est vrai que Suétone, Octav., c. 3, n'est pas de cet avis), tandis que son prédécesseur L. Valérius Flaccus s'était fait une mauvaise réputation par ses exactions en 62 av. J.-C. Cf. Meier, Pevgamnn. licichy p. i21. Dbu- MANN, Gesch, RomSy vol. VI, p. 722 sq. et vol. V, p. 619 sqq. Pauly, R, £., V. VI, 2, p. 2235 et 2346.

*) MoMMSEN, R, G., vol. m, 3° cdit., p. 38 sqq. ; puis Druuann, Gesch. RomSy vol. IV, p. 392 et sqq.

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