EXPÉDITION DE MÉTELLUS CONTRE LES CRETOIS
à ce qu'il parait^ d'un grand nombre de ceux qui avaient de la
'ortunc, qui, tout bien pesé, redoutait fortune guerre sérieuse
avec Rome et était assez disposé, en acceptant les dures
conditions des Romains, à sauver au moins son existence et
wne ombre de Tindépendance d'autrefois; on ne Técoutapas.
En effet, Lasthénès et ses amis surent gagner les masses
énergiques du bas peuple, et Ton prit la résolution de ne pas
^^ soumettre aux exigences des Romains, mais de défendre
^ outrance Tanlique indépendance de Tîle, ou de succomber
^u besoin avec honneur les armes à la maiu\
Dans ces circonstances, le Sénat résolut d'envoyer en Crète avec des forces imposantes un des consuls de Tannée 69 av. J.-C, et de commencer la campagne contre la dernière tribu de Grecs indépendants en Europe avec une impitoyable énergie. Le vaillant et habile consul Quintus Cîecilius Métellus prit donc d'abord, selon toute apparence, à la fin de l'année de son consulat, (probablement) comme proconsul, en 68 av. J.-C, le commandement de la province de Macédoine*. Soutenu par plusieurs légats capables, parmi lesquels Lucius fiassus cornmandait la flotte, ou du moins une partie de celleci', et Lucius Flaccus prit provisoirement position en Achaie * , Métellus ouvrit cette difficile campagne contre les Cretois dont malheureusement nous ne connaissons que peu de détails. Les Romains débarquèrent, avec trois légions % dans la partie nord-ouest de l'île, près de Cydonia% et rencontrèrent bientôt sur le territoire de cette ville l'armée ennemie, forte
*) Appian., Sicil.y c. 6. Diodor., XL, 1, 1-3. Dio Cass. (ed, Dind.),
fr. 111, 1-3. SuiDAB, s. V. T£Tpa<nt(iX|iov .
*) D'après Zumpt, Comment» Epigr.f vol. II, pag. i 86-190. Kuhn, />ic stâdt, Verfass,, vol. Il, p. 26. Sur Métellus, v. Cic, Act, in Verr,^ II, lib. III, 95, 222. Liv., Epit. lib., XCVIII. Vell., II, 34, init. Flor., I, 41. EoTROP., VI, 11. Oros., VI, 4. Appia.n., SiciL, c. 6. Dio Cass., fr. 111, 5. Plut., Pomp.^ c. 29, init.
') Dio Cass., XXXVI, 2. D'autres légats de Métellus, comme Gaius Licinius Sacerdos, Cic, Pro Plane. y c. H, 27, restèrent peut-être en Macédoine (ZuMPT, ibid.); v. Drumann, vol. II, p. 52.
*) Cf. Cic, Pro Flacco, c. 3, 6; c. 26, 63. Pro Plane,, c. 11, 27, et V. ZuMPT, op. cit. y p. 186-188, 190. Kl-hn, loc. cit.
*) Phleqon, Olymp. fragm, (dans Wbstkrman.v, Scriptor, rer. mirabiL grœc) ex libb. incert.y p. 210, XII, s. fin.
•) Cf. PuLKOON., loc. cit.
380 r.()NorÈTE de i/ilk par mételuis
de 24,000 hommos, pour la plupart excellents archers*, et commandée par Laslhénès et Panarès. Après un combat acharné, les forces Cretoises furent mises en fuite'; maisMétellus ne pouvait se rendre maître de Tîle qu'en s'emparant de différentes places fortes qui s'y trouvaient : c'était long, et la ténacité, la bravoure, l'habileté des Cretois, endurcis à la fatigue, rendaient sa tâche bien difficile. Après de longs cfTorls, il contraiocnit d'abord la forte Cvdonia à se rendre: Panarès capitula après qu'on lui eut garanti la vie sauve*. Cependant un autre chef crélois, un certain Aristion, s'élait réfugié à Iliérapjina dans le sud-est de l'île \ et Lasthénès à Cnossos, de sorte que le consul ne put s'avancer que lentement vers l'est de l'île longue et étroite. Après une lutte opiniâtre, Cnossos aussi fut vaincue; mais Lasthénès s'était encore échappé après avoir auparavant détruit volontairement sa maison et ses trésors ^ On prit alors Lyctos avec beaucoup d'autres places fortes*. La résistance opiniâtre des Cretois avait tellement exaspéré les Romains, que la lutte finit par prendre le caractère d'une véritable guerre d'extermination. Métellus, qui voulait évidemment achever la conquête de l'ile avant que Cn. Pompée, qui avait été sur ces entrefaites revêtu d'un pouvoir extraordinaire sur toutes les mers et sur toutes les côtes de l'empire (v. plus bas), trouvât l'occasion de le frustrer de sa gloire, mit à feu et à sang un canton après l'autre et commença à traiter les prisonniers avec tant de cruauté que beaucoup de Cretois aimèrent mieux se donner la mort que de se rendre aux bourreaux romains \ Alors — la guerre s'était déjà prolongée jusqu'à Tapproche de l'été de Tannée 67 av. J.-C. — l'intervention de ce deuxième potentat romain mit fin au drame sanglant d'une façon aus3i odieuse qu'horrible. En effet, par suite de l'union des démocrates d'alors et de leurs agissements en faveur de Pompée, le peuple romain
*) Vell., ir, 3i, init.
-) PiiLEQON, ihid. Appian., Sicil,, c. 6.
') Liv., Epit. lib. XCVUI. XCIX, init. Appian., ibid. Flor., I, il.
*) Dio Cass., XXXVI, 2.
^) Appian., S(t'//,,c. G. Liv., Epit. lib. XGIX, init. Flor., ï, 41.
*) Liv. et Flor,, loc, cit.
7) Flor., 1,41.