POMPÉE KT MÉTELLUS
s'élail décidé, comme Ton sait, au commehcemonl de Tannée 67 av. J.-C. , à confier, afin d'anéanlir la piraterie aussi rapidement et aussi complètement que possible, à ce même Pompée, son favori du moment, les ressources de l'inmiense empire dans une mesure inouïe jusqu'alors. Aussi Pompée avait-il répondu complètement à Tatlente de ses partisans : il avait réussi, dan3 l'espace de trois mois, à nolloyer à fond et définitivement la mer Méditerranée des pirates* qui l'infestaient. Or, Pompée avait fait preuve plusieurs fois, à Tégard des pirates vaincus cl des villes qui leur appartenaient dans le sud de l'Asie-Mineure, d*une clémence habilement calculée qui contrastait avantageusement avec les procédés ordinaires des généraux romains à Tégard des corsaires. La nouvelle de celte attitude du puissant chef d'armée détermina le reste des (llrétois qui luttaient encore contre Mélellus à chercher auprès de Pompée un refuge contre la mort et la ruine. Il se trouvait alors en Pamphylie; ils lui envoyèrent donc une ambassade pour lui offrir leur soumission^ La loi Gabinia, sur laquelle se fondait, comme Ton sait, la puissance actuelle de Pompée, avait donné à ce dernier un pouvoir illimité sur toutes les côtes de Tempire jusqu'à une distance de dix lieues dans l'intérieur des terres; l'île de Crète était donc aussi, de droit, placée sous son autorité suprême. Il est vrai que Mélellus méritait, à cause de SCS hauts faits, qu'on eût égard à sa position difficile; mais Pompée n'était guère disposé, comme Ton sait, à faire le sacrifice de la gloire d^avoir aussi complètement terminé la guerre contre les Cretois. Il re(;ut donc avec bienveillance TolTre de soumission des Cretois-, et envoya ensuite, avec les ambassadeurs, son légal L. Octavius à Mélellus pour lui faire savoir qu'il avait accepté les propositions des Cretois. 11 donna en même temps à Mélellus l'ordre de susprendre immédiatement les hostilités et de quitter l'île ; quant aux Cretois, on leur fit savoir que dorénavant ce n'était plus à Métollus-' qu'ils devaient obéir, mais à Octavius, qui devait prendre provi-
^) Cic, Prolrfje Manil., c. 12, 35. 16, i6. Flou., I, il. Apiman., SiciL, c. 0. Plut., Pump., c. 29, init.
2; Cf. Cic, ibid.^iW.EpU, lib. XCIX. Ron., ihid, \vv\ss.. ibid. Plut. ibid. Dio Cass,, fr. 111, 5, et XXXVT. 1.