‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 129 sur 186 · SICYONE · texte numérisé non relu

SICYONE

d'alors rcût-elle pu ? — réparer rapîdemonl el facilement par SOS propres forces des pertes considérables en hommes et en biens matériels, comme la (Irèce, elle aussi, l'avait fait presque en se jouant aux temps de sa jeunesse.

Le Péloponnèse, qui s'était à peine ressenti directement des coups de la première guerre contre Milhradate, soulTrit, lui aussi, de plus en plus des fâcheuses tendances dont nous avons parlé. Effacer les traces qu'avaient laissées les exactions du temps de Sulla était chose longue et difficile; la misère générale de l'époque suivante, le triste état dans lequel se trouvaient le monde romain et le monde hellénique, ne permettaient pas à cotte partie de la Grèce, moins éprouvée, il est vrai, que beaucoup d'autres, de puiser au dcîhors les éléments d'une vie nouvelle ; le système des grandes propriétés favorisait Texploitiition des pâturages aux dépens de Tagriculture ; les longues misères causées par la piraterie ont sans doute éprouvé, plus que d'autres parties du continent grec, le Péloponnèse, qui, ainsi que les îles, était aussi plus exposé que d'autres contrées aux attaques des corsaires. Non seulement le commerce et l'industrie furent alors complètement paralysés ; mais, comme nous l'avons vu, les temples les plus riches et les plus beaux qui s'élevaient sur les côtes de la péninsule devinrent la proie facile de ces audacieux pirates qui, sans doute, n'épargnèrent pas les villes voisines et surtout les côtes sans défense *. Nous avons déjà vu l'état de décadence profonde où se trouvait la vieille ville de Dymé en 67 av. J.-C. Un fait bien caractéristique, c'est que dans la suite, entre la fin de la guerre contre les pirates et le commencement de la grande guerre civile entre César et ses adversaires, c'est-àdire précisément à l'époque où la Grèce jouit au moins d'un repos extérieur, Sicyone, naguère une des villes les plus riches, que les Romains avaient toujours traitée avec bienveillance, était tombée si bas que, pour payer ses dettes, elle fut obligée de vendre ses plus beaux tableaux : c'était ce qu'elle avait de plus cher, et on sait que les Hellènes ne consentaient à se défaire de leurs objets d'art que dans lo

*) Cf. CcrnTiuB, Peloponnesosj vol. I, p. 79 et IH.

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