‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 128 sur 186 · TRISTE ÉTAT DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

TRISTE ÉTAT DE LA GRÈCE

plus horribles) et la sauvage énergie do ces Hellènes, qui, à l'occasion, se réveillait tcmble — jolie une triste lumière sur l'état de la population, du moins en Béolie ; mais dans le reste de la Grèce aussi, la prospérité malérielle du moins, selon toute apparence, allait en décroissanl. C/est aux cantons ravagés par la guerre contre Mithradate que s'applique tout particulièrement ce qu'un grand connaiss<Mir de la Grèce * dit de celle lugubre époque qui suivit la grande guerre : « Bien des pertes étaient irréparables. Los fondements de la prospérité publique étaient ruinés, et il était dès lors impossible d'économiser sur la consommation annuelle des habitants ce qu'il eût fallu pour remplacer le capital accumulé pendant des siècles et anéanti par cette courte guerre. Dans certains cas, la fortune des villes ne suffisait pas pour tenir en état les édifices publics existant ». Et plus loin, nous lisons que, dans l'état où se trouvait alors la Grèce, « les ravages de Tennemi diminuaient pour longtemps les ressources du pays ; car, dans une contrée comme la Grèce, il faut le travail de plusieurs années, les économies accumulées do générations entières pour mettre d'arides collines calcaires en étal de fournir d'abondantes moissons , pour les couvrir d'oliviers et de figuiers, pour construire des citernes et des canaux d'irrigalion ». On comprend aisément que, d'un côté, dans ces circonstances, un grand nombre de cités grecques soient retombées dans cet état d'endettement profond qui, déjà avant la ruine de la Ligue achéenne, avait rongé la vie sociale en Grèce ; et que, de Tautre, l'absence ou du moins le petit nombre des enfants, dans les familles riches surtout, dont Polybe déjà se plaignait amèrement, et Thabitudo (jue prenaient ces dernières de réunir les terres en un petit nombre d'immenses propriétés cultivées par les esclaves, aient contribué à la ruine de la prospérité publique et diminué le nombre des hommes libres. On vit alors en Grèce, comme on l'avait vu ailleurs, qu'un peuple vieillissant, qu'une nation qui a perdu depuis longtemps sa vigueur physique et morale ne peut plus, à moins de se relever et de se rajeunir — et comment la Grèce

*) FiNLÂY, op. rit., p. 25 et 47.

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