ATHÈNES APRÈS LA GUERRE DE MITHRADATE
de Platon, OU académique; celle de Zenon ou stoïcienne; celle d'Épicure ou épicurienne, étaient alors toutes florissantes) — dont quelques maîtres distingués avaient repris les travaux peu de temps après la prise de la ville par Sulla, qu'Athènes put se relever en partie de Tétat de misère profonde où l'avaient jetée Aristion et Sulla \
On voudra bien se rappeler qu'à la fin de la première guerre contre Mithradate, la prospérité matérielle des Athéniens était presque complètement anéantie; le terrible massacre ordonné par Sulla avait aussi diminué considérablement le nombre des habitants libres*. La misère générale des seize années suivantes ne permettait guère à la population appauvrie de rouvrir dans une certaine mesure les sources de la solide prospérité d'autrefois; il ne lui restait plus que le commerce qu'elle faisait avec les produits de l'Attique, renommés depuis si longtemps. On eut donc recours, entre autres, à un expédient peu honorable : on vendit le droit de cité athénien toujours encore très estimé*. Par ce moyen, on augmenta, il est vrai, le nombre des citoyens; mais, sans parler d'autres inconvénients*, ce procédé fit percïre à la langue, que jusqu'alors on avait parlée à Athènes avec tant de charme, cette pureté que Cicéron vantait encore avec enthousiasme ' ; vers la fin du iV" siècle après J.-C, le paysan de l'Attique se distinguait, d'une façon frappante, de la population urbaine par la pureté avec laquelle il parlait son admirable dialecte*. Le monde
*) Cf. plus bus, vol. II, et provisoirement surtout C. Zumpt, op. cit., p. 4 sqq. , 14, et, sur les chefs d'école de cette période, p. 8. 43 sqq., 69 sqq., 80 sqq., 88 sqq., 93. Cf. aussi Friedlander, p. 35. W. E. Weber, Q. Horatius FlacctiSy p. 21 sqq. Bernhardy, Griech. Litterat, (3* édit.), vol, I, p. 505. 541 sqq. Finlay, p. 260 sqq. C. F. Weber, Comm, de Academia literar, Athen., p. 1 sqq. Mommsen, B. G., vol. II, p. 418 sqq. Bbutler, op, cit., p. 43 sqq. Ahrens, p. 65 sqq. Blass, op»cit,, p. 22. 95 sqq.
*) Appian., Mithr.j c. 38, fin.
^) Cf. Dio Cass., LIV, 7 (cf. aussi Lucian., Hermolim,, c. 24). Cic, Pro Balbo, 12, 30. NicoL. Damasc. (dans MCller, Fr. Hist, Gr., vol. III, p. 355, no 6), De vita sua^ 6.
*) C'est pour celte raison qu'en 18 ap. J.-C.^ le légat Gnœus Calpurnius Piso appela brutalement les Athéniens de ce temps-là : nationum conluvies.. Tacit., Annal. , II, 55.
*) Cic, Brut., 46, 172, De Orator., III, c. 11.
•) Cf. Philostrat,, Vit. Sophist., II, 1, 7, p. 553. La présence à Athènes