NOUVELLES CONSTRUCTIONS A ATHÈNES
hellénistique ne cessa de témoigner pendant plusieurs siècles une vive sympathie à Athènes, et, alors comme plus tard, il combla de bienfaits cette ville infortunée; mais, malgré les meilleures intentions, tout ce qu'on fit pour elle fut inutile* Ne sachant ou ne pouvant guérir le mal interne dont elle souffrait, on s'efforçait de cacher sa misère sous un voile de pourpre, d'orner la ville, faute de mieux, de nouvelles et splendides constructions qui élaient indirectement une source de profits pour les habitants et, dans tous les cas, contribuaient à entretenir et à augmenter l'atlrait qu'avait la ville pour les étrangers. C'est ainsi que l'exemple donné par les Ptolémées et les Attales * fut suivi par le roi de Cappadoce Ariobarzane II Philopator (66 [59]-52 av. J.-C), et par son fils et successeur Ariobarzane III (EijsS^,; *'Xspo;jLaTc;), qui firent reconstruire, par les architectes G. et M. Stallius et Ménalippos TOdéon détruit par Aristion (p. 345) *; les Athéniens reconnaissants leur élevèrent des statues. De puissants Romains imitèrent les princes hellénistiques ^ La conduite de Sulla à l'égard
de nombreux professeurs et étudiants des pays hellénistiques d*Asie avait certainement exercé une grande influence sur la langue.
*) Voy. dans Tarticle de Bursun, Athente, dans la Realencycl, de Pauly, vol. I, 2^^ édit., p. 1978, la liste des splendides édifices élevés à Athènes par ces princes; cf. Pausan., I, 9, 3. Bursian place « vers le miheu du premier siècle av. J.-C. » le don d'un Syrien, Andronicos de Cyrrhos en Syrie, qui, «< sur une place, à Test de l'agora, fit construire une tour octogone de marbre (encore bien conservée); sur les côtés extérieurs étaient représentés les huit vents principaux ; au-dessous, il y avait un cadran solaire, et, à l'intérieur, une horloge hydraulique (à laquelle un aqueduc, parlant de la Clepsydra, fournissait Teau nécessaire). » Cf. Viinuv., I, Q. Varro, De re rust., III, 5, 17 Stuart, Alterth, v. Athen, I. Lief. 2; Taf., 3 et sqq. CuRTius, Attische Studien, If, p. 51 sqq. Erlàutemder Text, p. 44.
*) ViTRUv., V, 9, 1. BôCKii, C. /. Gr., vol. I, n» 357 sqq., p. 429 sqq. Cf. ViscHER, N. Schweiz. Muséum, III [1863], p. 75. hhein. Muséum, XXI, p. 511. On trouve dans Bôckh, C. /. Gr., II, n''2280, une inscription athénienne de Délos en l'honneur de Stratonice, fille d'Ariobarzane III.
') Les relations, par contre, que l'aventureux rhéteur athénien Amphicrate avait nouées (avant le commencement de la campagne d'Arménie entreprise par L. Lucullus, en 69) avec Tigrane, roi d'Arménie, eurent pour ce Grec des suites fâcheuses. Soupçonné d'espionnage, il dut (son contemporain, le célèbre favori et ministre de Mithradale et son ambassadeur auprès de Tigrane, le philosophe Métrodore de Scepsis, avait également succombé aux soupçons de son maître vers 70/69 av. J.-C.) se donner lui-même la mort vers 70/69 à Tigranocerte ou près de cette ville; sa protectrice, la reine Cléopâtre, n'ayant pas pu le sauver, dut se contenter de faire élever