‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 157 sur 186 · CORINTHE COLONIE ROMAINE · texte numérisé non relu

CORINTHE COLONIE ROMAINE

d'Achaïc un présent d'une nature tout (liiïércnLe, mais qui pour eux fut un bienfait immense. Si d'un côté César, dans un but politique et social, fonda des colonies de vétérans* en Espagne et en Gaule, à Sinope et à Iléraclée sur la mer Noin» (p. 369, 4), il forma aussi le projet, tant pour l'expiation de deux des plus grands crimes de Tancienne République que pour débarrasser la capitale du monde d'une foule de misérables prolétaires et répandre l'élément romain dans les contrées vaincues, d'établir une grande parlie des quatre-vingt mille Romains qu'il destinait à la colonisation d'outre-mer (c'étaient pour la plupart des alfranchis) sur les ruines de Carthage et sur celles de Corinthe*. Cent deux ans après la destruction de cette dernière, on commença à bâtir (44 av. J.-C.) « sur Tancien plateau au nord de laciladelle », une ville nouvelle, Laus Julia Corinthus\ sur le sol même où avait été conservé depuis les temps de Mummius, entre autres monuments échappés à une destruction complète, un vieux temple d'Athéné avec son culte (sur le coté gauche de la route de Sicyone)*. Celte fondation nouvelle, qui semblait pouvoir pré-

*) Cf. ZuMPT, Comm. Epigr.^ vol. I, p. 310-317. Beckeh-Mahouamdt, R. A,, 111, 1, p. 334. Walter, Geschichte il. R. H,, vol. 1, [». 402 s<|(|. MoMMSEN, il. G., vol. III, p. 536 sqq., 541.

») SuETON., Cœs„ c. 42, inil. Strauon, VIII, 6, 23, pag. 585 (381).

') CuRTius, Peloponnesos, vol. II, p. 532.

*) Peu de temps auparavant, penrlant les derniers jours de Tannée Oi av. J.-C, le parti populaire de Rome avait fait proposer par le tribun du peupl»*, P. Servilius Rullus, de faire vendre la parlie du territoire de Corinlhe qui était encore propriété de l'État; mais le consul M. ïullius Cicéron avait fait échouer en 63 ce plan, ainsi que les autres projets qui s'y raltachaienl; V. Cic, De lege agrar., I, 2, 5. Il, 19, 51. Peter, Gesch. RotnSy vol. Il (2* édit.), p. 181 sqq. Drlmann, v. III, p. 148 sqq. Mommsen, il. G., vol. III, p. 169 sqq. RuDORFF, Dus Ackergcsetz des Sp. T/tovius iinZtschrft. f. Gesch. R. W., X, 1), p. 140. Clhtu's, Pelop.f vol. II, p. 591. — Zlimpt, Comm. Epigr,y vol. I, pag. 374 sqq., doute que César ait vu le véritable commencement de la reconstruction de la Nouvelle-Corinlhe : il croit aussi que les 80,000 Romains en question n'ont pas quitté l'ilalie, ihid.y et p. 327 et 341 (Becker-Marquardt parta^^e cette manière de voir, op. cit., p. 334, contrairement à MoMMSE.N, R. G., vol. III, p. 497), en partie pour des raisons générales, en partie à cause du passage d'AppiAN., Pun., c. 136 (cf. aussi Djo Cass., XLIV, 51, fin). Cependant plusieurs historiens attribuent plus ou moins positivement au grand César les premières constructions de la Nouvelle Corinlhe; cf. Plut., Ca?s., c. 57, fin. (qui, cependant, contrairement à fl'autres écrivains, fait de Corinthe une colonie militaire); Dio Cass., XLIII,

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tendre à un bel avenir, donna lieu toul d*abord à un nouveau genre de trafic. En effet, les nouveaux colons découvrirent bientôt, dans un grand nombre de tombeaux mis au jour par les travaux de construction, une foule de vases de terre et de métal d'une valeur artistique considérable. On se mit à dépouiller les tombeaux du pays, et Rome, pendant un certain temps, fut inondée de ces objets d'art qu'on appelait « Nécrocorinthies ». Mais le commerce qu'on faisait avec ces dépouilles prit fin lorsque les fouilles ne produisirent plus que des choses de peu de prix et qu'on envoya au marché, d'ailleurs trop abondant déjà, des objets imités ou des vases d'une valeur artistique inférieure \

Cependant le développement de la nouvelle ville, que César avait voulu hâter par l'exécution de l'ancien plan de Périandre et de Démétrios Poliorcète, c'est-à-dire par le percement de Tisthme ', sous la direction de l'ingénieur Aniénos, ne fut point favorisé par une paix durable dans l'empire. On sait que le

50. Pausan., II, 1, 2. 2, 2. 3, 1. Strab., XVII, 3, 15, p. 1190 (833 fin.) et VIII, 6, 21, p. 581 (378 sqq.). Diodoh., XXXII, 17, 1-3. Voy. aussi Walteh, Gesch. d. Rôm. H., vol. I, p. 402. Eckhel, Doctrin, Num., II, p. 238 sqq. Drumann, vol. III, p. 673. Curtius, Pelop,, vol. II, p. 523 et 591. Fiwlay, p. 50 sqq. Mommsen, Res gest. D. Augusti ex monum, Ancyr.^ pag, 82 et R. G.,vol. III, p. 539.541. Hermann, Gr. Staatsalt, y ^[S9, 16. BOckh, C./.Gr., vol. I, n®« 1104. 1716. Ce que dit Rudorff, op, cit,, p. 140, du soin qu'on mit à, éviter les limites de Tancien territoire de la ville « dévouée » en 146 (p. 259), ne se confirme pas d'après Curtius. 11 faut donc que la devolio ail été révoquée. Les colons s'appellent Corinthienses, d'après Festus, p. 60, édit. Mtiller. — Zumpt, loc, cit., croit que ce furent les triumvirs victorieux qui, à un moment quelconque, après la bataille de Philippes, jetèrent les fondements de la nouvelle ville; il conclut, d'après Appian., loc. ciY., que les premiers colons romains étaient au nombre de 3000. Dans tous les cas, Corinlhe, à l'époque de la dernière guerre entre Octavien et M. Antoine, était déjà redevenue une ville importante; cf. Dio Cass., L, 30 et Plut., Anton., c. 67. (Quant à l'intention de César d'envoyer aussi une colonie à Bouthroton en Epire, v. plus bas.)

«) Strabon, VIIÏ, 6, 23, p. 585 sqq. (381 sqq.). Cf. Curtius, Pelop., vol. II, p. 597 et FiNLAY, p. 51. Ross, Archdol. Aufs.y vol. I, p. 57 sqq,

«; SuETO.N., Caes.y c. 44. Plin., N. IL, IV, 4 (5), 10. Plut., Cœs,, c. 58 et Dio Cass., XLIV, 5, init. Cf. Curtius, Pelop., vol. I, p. 13. Mommsen, loc. (;it, — Outre ces rapports de César avec la Grèce, contentons-nous de faire mention de la protection qu'il accorda (Pline, N. H., XXXV, 11 (40), 136) aux artistes grecs et entre autres notamment au peintre Timomachos de- Byzance. — Cf. aussi Gôll, KuUurbildcr ans Hellas und Rom, vol. II, p. 229.

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