NÉGOCIATIONS DES ÉTOLIENS AVEC LK CONSUL ACILIUS
les Etoliens lui fissent une série de concessions qui leur paraissaient honteuses (entre autres aussi Textradition d'Amynandre) et que, le stratège étonné ayant refusé, il lui expliqua brutalement toute la portée de la formule employée et fit même mine de faire mettre aux fers les négociateurs etoliens, Phœnéas rompit provisoirement les négociations pour demander d'abord à l'assemblée étolienne si elle aussi était disposée à se soumettre complètement aux Romains avec de pareilles perspectives ^ Le conseil fédéral étolien était disposé, il est vrai, à s'en tenir à la résolution qu'il avait prise, même après l'interprétation d'Acilius ; mais lorsque les Etoliens convoqués en masse eurent appris, dans une nouvelle assemblée, qui eut encore lieu à Hypata, ce que pensait Acilius de la position respective de Rome et de l'Étolie et comment il avait traité Ph«néas, ils s'écrièrent pleins de fureur qu'il fallait continuer la guerre jusqu'au dernier homme. Or, précisément en ce moment, un de leurs ambassadeurs revenait auprès d'eux de chez Antiochus avec de fortes sommes d'argent et des promesses plus importantes encore. A son retour, Nicandre était tombé, près de Lamia, entre les mains des Macédoniens; mais Philippe — cruellement blessé peu de temps auparavant par le consul Acilius, qui, après la prise d'Héraclée, lui avait brutalement ordonné d'abandonner Lamia aux Romains ' — avait traité l'envoyé étolien de la manière la plus flatteuse, manifesté ouvertement sa sympathie renaissante pour les Etoliens, et l'avait ensuite fait reconduire en toute sécurité à Hypata. Dans ces circonstances, et au moment où des perspectives plus riantes semblaient s'ouvrir pour les Etoliens, ceuxci rompirent brusquement les négociations avec Acilius et résolurent, en faisant un suprême effort, de continuer la guerre au centre de leur territoire '.
Pour leur malheur, ils n'avaient pas alors à leur tête un chef de talent. Il arriva donc qu'ils ne songèrent pas à résister aux Romains qui poussaient vigoureusement en avant (et qui,
') Liv., XXXVI, 26-28. Polyb., XX, 9 et 10. CF. Nitzsch, op. cit., p. 104.
>) Liv., XXX Vï, i'5. Cf. XXXIX, 23 et 28.
») Liv., XXXVI, 28-30. Polyb., XX, iO, 13-11, 9.