SIÈGE DE .NAIPAI.IK
provisoirenicnl, nr s'occupèrent pas de Lamia qui tenait encore*) et à les arnMer dans les délilés très dangereux des monts Corax (aujourd'hui Bardousi), limite orientale de TÉtolie proprement dite. Uniquement arnHé par les difficultés du terrain, Acilius put enfin pénétrer dans Tintérieur du pays locro-étolien et marcher ensuite sur la ville de Naupacte, derrière les murs de laquelle les Etoliens étaient réunis en masse*. Durant deux mois, ces vaillants montagnards se défendirent avec des efforts désespérés; mais ils s'aperçurent avec effroi que leurs forces diminuaient peu à peu : ils devaient s*attendr(^ à périr en masse à la suite d'un assaut iinal. Flaminiuus, qu'ils avaient si cruellement blessé, devint encore une fois leur sauveur. Jusqu'alors (voy. ci-après) occupé dans le Péloponnèse, il arriva au canipjétabli devant Naupacte; les Étolieus rayant humblement prié d'intercéder pour eux, il décida en effet Acilius — en attirant son attention jalouse sur les progrès considérables <jue Philippe (avec lequel les Romains s'étaient facilement réconciliés et qu'ils avaient décidé à renoncer à sa sympathie pour TÉtolie) avait faits en attendant (voy. ci-après) dans le nord de la Grèce — à abandonner son projet de prendre Naupacte à tout prix et à détourner son attention de cette seule ville pour s'occuper d'affaires d'un intérêt universel. Flamininus parvint ensuite (vers la fin de l'année 191) à faire conclure un armistice assez long» pendant lequel ils devaient faire la paix avec le Sénat ^. Acilius renvoya alors son armée on Phocide; il se rendit lui-même à .^gion, en Achaïe, pour terminer diverses affaires avec les Achéens et recevoir une ambassade des Epirotes, qui vinrent demander humblement pardon de leur attitude équivoque au commencement de cette année ^
Cependant, le sort des Etoliens ne devait pas se décider si vite. Les ambassadeurs qu'ils avaient envoyés à Rome se trouvèrent (dans l'hiver de l'an 190 av. J.-C), malgré l'inter-
») Cf. Liv. XXXVI, 25 s. fin. et XXXVII, A et 5. «) Liv., XXXVI, 30. 3i. Appian. Syr., c. 21,
») Liv., XXXVl, 3i «?l 35. Plut., Flamin, c. 15. Zo.nar., IX, 19. Phlk- OON, loc. cit, *) Liv., XXXVl, 35.
DATAILLES AUTOUR DE LAMIA ET D^AMPIIISSA 127
veutiou active de Flamininus, dans une position bien difficile devant le Sénat. Les sénateurs étaient très mal disposés à regard de cette nation arrogante, « indomptable et querelleuse », et les ambassadeurs ne pouvaient {)as accepter les conditions proposées au choix des Etoliens : ou de permettre au Sénat de disposer librement de leur sort, ou de payer surle-champ i,000 talents et d'avoir « les mêmes amis et les mêmes ennemis que les Romains ». L'Étolie était trop pauvre pour payer immédiatement 1,000 talents, et se rendre à discrétion aux Romains était plus grave encore quand on se rappelait l'attitude d'Acilius après la prise d'Héraclée, d'autant plus que le Sénat, dans sa cruelle astuce, refusait de faire connaitre dès à présent aux Etoliens les points dimt la solution devait essentiellement dépendre du bon plaisir des Romains. Les envoyés etoliens furent donc renvoyés chez eux de la façon la plus blessante *. Là-dessus, les Etoliens renouvelèrent immédiatement la guerre (vers la lin de l'hiver de Tan 190 av. J.-C.) ; menacés par les Achéens du côté de la mer, ils occupèrent cette fois avec des forces considérables les déiilés du Corax. Mais à peine Acilius eut-il connaissance de cette mesure qu'il conduisit son armée de la Phocide vers Lamia, prit cette ville d'assaut et se tourna ensuite vers le sud, pour attaquer, à Test du Corax, la forte Amphissa, la ville principale des Etoliens dans la Locride ozolienne. Pendant qu'il rencontrait là encore une résistance des plus opiniâtres, son successeur, le consul L. Cornélius Scipion, arriva en Phthiotide (au printemps de Tan 190 *) avec des troupes fraîches, en compagnie de son frère et légat, le grand vainqueur de Zama. Arrivé devant Amphissa, il prit le commandement de Tarmée jusquelà commandée par Acilius. Les deux Scipions, mais surtout le grand Publius, qui désiraient renouveler sur terre la guerre que la marine romaine, celle de Pergame et celle de Rhodes avaient faite sur mer à la flotte syrienne depuis le retour d'Antiochus à Éphèse, et pénétrer le plus tôt possible en Asie Mineure, où les troupes de terre d'Antiochus avaient entrepris récemment une série d'attaques violentes contre les Etats d'Eu-
*) Liv., XXXVII, 1. PoLYB., XXI, 1. ZoNAR., ÎX, 19. DioD., XXIX, 4. *) Cf» NjssBif, op, cit.f p. 180,