‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 23 sur 186 · SOUMISSION DES ÉTOLIENS · texte numérisé non relu

SOUMISSION DES ÉTOLIENS

voya chez eux les ambassadeurs étolicns, et on décida, dit-on, en même temps que dorénavant tout envoyé étoJien qui viendrait à Rome sans i*assentiment du général commandant en Grèce et sans être accompagné d'un fonctionnaire romain, serait traité en ennemi *. Le consul de Tannée 189 av. J.-C, M. Fui vins Nobilior, reçut ensuite Tordre de recommencer vigoureusement la guerre en Étolie *. Une ruine complète menaçait les Étoliens. Tandis qu'il savait déjà que lesScipions avaient complètement brisé la puissance d*Antiochus en Asie, par la formidable bataille de Magnésie du Sipylc (vers la fin de Tautomne de l'année 190 av. J.-C), ce peuple infortuné vit peu à peu tous ses ennemis se jeter sur lui avec impétuosité. Le roi Philippe envoya son fils Persée avec des forces considérables, pour reprendre aux Étoliens ses possessions perdues '. Et, du côté de TÉpire, le consul M. Fulvius, qui avait débarqué à Apollonia, se jeta (au printemps de 189) avec les Épirotes sur Ambracie, le plus fort boulevard des Étoliens au nord-ouest (p. 80). Les habitants et la garnison étolienne d'Ambracic ne se défendirent pas moins vaillamment que naguère les héros d'Héraclée et de Naupacte.

Cependant le reste des Étoliens, dont le stratège fédéral, Nicandre de Trichonion, n'avait d'ailleurs que peu de talent militaire et de décision, étaient tellement accablés non seulement par les mouvements déjà mentionnés des Macédoniens, mais aussi par les attaques des Acarnaniens sur leurs frontières occidentales et celles d'une flotte illyrienne et achéenne sur leur côte, qu'ils se virent hors d'état de débloquer Ambracie et aspirèrent enfin à la paix à tout prix. Après bien des difficultés (pendant qu' Amynandre , s'inclinant humblement devant les Romains, persuadait les Ambraciotes de se rendre à Fulvius), Phœnéas et Damotélès, appuyés tant par des ambassadeurs athé. niens et rhodiens que par Gains Valérius, demi-frère de Fulvius et fils de ce Lœvinus qui (p. 33) avait conclu le premier traité de Rome avec les Étoliens, parvinrent enfin à conclure avec le

») Liv., XXXVII, 48 et 49. Diod., XXIX, 9. Zonar., IX, 21. Cf., Nissen, p. 197 et suiv.

*) Liv., XXIC^I, 50. XXXVIII, 3.

») Liv., XXXVIII, 5.

130 SITUATION DE l'aSIE APRÈS LA DÉFAITE D*ANTIOCHUS

consul Fulvius une paix provisoire, que rassemblée générale étolienne ratifia ensuite sans hésiter*. Alors enfin — tandis que Fulvius s'emparait à la suite de sanglants combats de Tîle de Céphallénie, jusque-là alliée des Étoliens, et en prenait définitivement possession au nom de Rome " — une nouvelle ambassade étolienne, conduite par Valérius et accompagnée par les médiateurs rhodiens et athéniens, put aller à Rome, où le Sénat, après bien des lenteurs, fixa ainsi les conditions du traité de paix (été 189) : les Étoliens devaient reconnaître à l'avenir la suprématie et la suzeraineté du peuple romain; ils devaient avoir dorénavant les <( mêmes amis et les mêmes ennemis » que le peuple romain, et, par conséquent, suivre les Romains à la guerre en toute circonstance lorsqu'ils l'exigeraient. Les prisonniers de guerre et les transfuges devaient être livrés, ainsi que 40 otages et 500 talents payés aux Romains à époques fixes. La ville d'Œniadœ devait retourner aux Acarnaniens, et toutes les villes ou territoires qui avaient autrefois fait partie de la ligue étolienne et qui, depuis que rÉtolie avait déclaré la guerre aux Romains, s'étaient donnés librement aux Romains ou avaient été conquis par ces derniers, devaient être enlevés à jamais aux Étoliens; Céphallénie notamment devait ne plus faire partie de la Ligue et Œniadae être cédée aux Acarnaniens '. Ces conditions étaient encore moins dures que celles que le Sénat avait faites jusque-là aux Étoliens. Mais l'importance politique des Étoliens n'en avait pas moins cessé d'exister; ils avaient joué leur rôle en Grèce. Ils ne formaient plus qu'un misérable État, client de cette même grande puissance italique à laquelle la fatale politique des chefs étoliens avait ouvert le chemin de la Grèce. Réduite, en somme, aux anciennes provinces héréditaires, à la Locride ozolienne et à la partie supérieure de la vallée du Sperchios, l'Étolie dès lors, comme nous le verrons

») Liv., XXXVIII, 3-9. 43 sqq. XXXIX, 4. 5. Polyb., XXII, 8, 8-13,

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