‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 27 sur 186 · PHILIPPE ODIEUSEMENT MALTRAITÉ PAR LES ROMAINS · texte numérisé non relu

PHILIPPE ODIEUSEMENT MALTRAITÉ PAR LES ROMAINS

de son royaume, travailla dès lors avec zèle, et sans se soucier de la valeur morale de ses moyens, à priver son vaillant allié de tous les fruits de ses efforts pendant la guerre qui venait de finir. Les États grecs entre TOlympe otTAchéloos d'un côté, le roi Eumène II, l'ennemi naturel de Philippe, de l'autre, fournirent ii la politique romaine les moyens nécessaires. En effet, bientôt après la fin de la guerre en Asie-Mineure et en Étolie, de graves différends surgirent entre Philippe et la plupart des petits États du nord de la Grèce ; des actes de violence semblent même avoir été commis en divers endroits. La république thessalienne et les Perrhèbes redemandaient les villes perdues; les Thossaliens se plaignaient entre autres choses de ce que Philippe avait antérieurement déjà et par tous les moyens ruiné, au profit de Démétrias, le commerce maritime de Thèbes en Phthiotide. Bientc)t les plaignants se présentèrent devant le Sénat, qui les reçut avec une bienveillance encourageante. Les Athamanes aussi se plaignirent de leur position, et Eumène ne manqua pas d'attirer l'attention des hommes d'État romains sur la Macédoine, qui étendait sa puissance sur les villes gréco-thraces de la côte, et sur le zèle avec lequel le roi Philippe repeuplait ses pays héréditaires, qui maitquaient d'habitants, à l'aide de masses d'hommes qu'il y transportait de la Thrace. Aussi ne fut-on pas longtemps sans voir arriver en Grèce une ambassade romaine (en 185 ou probablement déjà en 186); les ambassadeurs (Q. CéciliusMétellus, M. Bœbius Tamphilus et Tib. Sempronius Gracchus) convoquèrent les députés des Etats du nord de la Grèce qui étaient en guerre avec le roi, à Tempe en Thessalie, pour y prononcer entre eux et Philippe. On vil alors ce qu'avait rapporté à l'ardent Antigonide sa politique « personnelle ». Même ses conventions avec le Sénat et avec les généraux romains pendant la dernière guerre servirent d'armes contre lui. Cécilius, notamment, lui avait permis (en 191) de s'emparer de toutes les villes situées dans les pays qui avaient appartenu aux Étoliens ou qui depuis l'arrivée d'Antiochus s'étaient déclarées pour eux ; maintenant, les Romains déclarèrent que cette dernière décision n'était applicable qu'aux villes qui s'étaient données librement aux Étoliens, et non à celles qui avaient

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