MORT DE PHILIPPE
cédé à la violence ou aux menaces. Au bout du compte, Philippe, par suite d'une décision do la commission romaine, dut renoncer à toutes sesnouvellospossessionsau sud de TOlympe*. LTne nouvelle assemblée siégoa à Thessaloniquo, où les ambassadeurs d'Ëumëno demandèrent aux Romains ou Tindépendance complète des villes gréco-th races ou la réunion au royaume dePergame dMînos et de Maronéo, qui, après tout, n'étaient qu'un complément naturel de la Chersonnèse de Thrace (déjà échue en partage à Eumène). Là aussi, Philippe se vil enfin forcé (184/3) de retirer ses garnisons de toutes les villes de la côte de Thrace, sans compter d*auti*es humil iations, en partie méritées, que, en 184 et en 183, le Sénat finit par lui faire subir". Aussi le roi, profondément irrité et odieusement trompé dans presque toutes ses espérances, était-il redevenu l'ennemi juré des Romains. « Tout n'est pas fini ! » s'était-il écrié déjà pendant les conférences de Tempe. 11 fit aussitôt les préparatifs les plus énergiques pour recommencer la guerre avec les Romains. Mais C6 n'était pas à lui qu'il était réservé de conduire encore ses phalanges contre les légions. Profondément affligé par une sanglante tragédie qui eut lieu dans sa propre famille (en 181) et à laquelle contribuèrent dans une égale mesure la politique du Sénat, sa propre haine implacable contre Rome et Tastuce de son fils Persée, il descendit dans la tombe brisé par le malheur (179). II légua sa haine contre Rome et le soin de lui faire la guerre à son fils Persée, dans un temps où, dans les autres États grecs aussi, l'antipathie pour le protectorat romain grandissait partout.
En Grèce , celte antipathie s'était développée le plus lentement , mais peut-être le plus profondément chez les Achéens. Déjà en
*) Nous n'avons malheureusement que peu de dtHails précis sur cette afTaire. II est vrai que nous lisons dans Liv., XXXIX, 20, sans autre commentaire : pronunciaverunt legati^ « placerc — antirjuis Marednniae termi^ nis regnum finiri » , Toutefois, on pourrait conclure de Liv., XLI, 22, et plus sûrement encore d'AppiAN., Maced.^ c. 9, 3, que les Dolopes au moins demeurèrent même plus tard jusqu'à un certain point dépendants des Macédoniens. Quant à Démétrias, v. Liv., XL, 5i. 56.
•) Liv., XXXLX. 23-29. 33-35. 46 sqq. 53. Appian., Maced.y c. 7. DiOD., XXIX, i6. Plut., Arnt., c. 54. Polyb., XXIII, 4 et 6. 11. 13 et 14. XXIV, 1-3, 7. Jl'stln., XXXïI, 2, Quant aux dates, vovez aussi Nissen, p. 224. 226. 231 et 232 sqq.