DANGERS DE LA NOUVELLE PUISSANCE DES ACHÉENS
191 , Fiamininus avait contraint le chef de la Ligue, Diophane, à suspendre les hostilités contre la Messénie ; puis (bien qu'il consentît à la réunion de cette contrée avec la Ligue), il lui avait infligé un blâme pour avoir entrepris la guerre de Messénie sans Tassentiment préalable des Romains ^ Le protecteur se montra plus dur encore bientôt après : les Âchéens, après la ruine de TÉtat athamanien, avaient acheté du dernier commandant athamanien et occupé pour euxTlle de Zacrnlhe, récemment acquise par Amynandre*. Or les Romains voulaient faire de Zacynthe une station militaire importante sur la frontière grecque; Fiamininus força donc Diophane et rassemblée achéenne de rendre tout simplement llle. « Les Romains, disait-on alors, n'ont pas versé leur sang aux Thermopyles pour les intérêts particuliers des Achéens » ; et, en outre, le protecteur déclara très franchement à ses amis confédérés que les Achéens feraient bien de toute façon de s'en tenir au Péloponnèse'. On ne peut nier, il est vrai, que Fiamininus, eu égard à la situation générale du monde à cette époque, n'ait eu que trop raison en formulant cet avis ; et même, comme plus tard au temps des derniers Paléologues, on vit régner aussi dans ces derniers temps de Tancienne indépendance hellénique, même chez une partie dos Péloponnésiens, un particularisme des plus bornés, une fureur de parti qui devenait du fanatisme et qui ne permettait pas même au Péloponnèse de jouir longtemps d'un calme relatif et d'arriver à l'intérieur à l'unité et à la force. Les confédérés avaient, il est vrai, honoré leur concitoyen Diophane, qui avait enFm réalisé la réunion longtemps désirée de toute la péninsule, en lui élevant une statue devant le temple de Rhéa sur la place publique de sa ville natale, Mégalopolis * ; comme autrefois, avant les guerres médiques,
') Liv., XXXVI, 31.
*) Le roi Philippe avait cédé cette île (qui, après une occupation passagère par les Romains^ doit être retombée en son pouvoir au commencement de la première guerre romano-étolienne) vers la fin de cette guerre (vers 206 av. J,-C. CF. ci-dessus, p. 39) aux Athamanes, pours^assurer leur appui dans la lutte qu'il soutenait alors contre les Étoliens et pouvoir ainsi pénétrer sans obstacle dans l'intérieur de l'Etolie, Gf» Liv., XXXVI, 31, Polyb., XI, 4, (7). ScHORN, p. 182 et 203.
») Liv., XXXVI, 31 et 32. Cf. Plut.. Flainhiin., c. 17.
*) Pausax., vu 1,30, 2.