ROME ET LA QUESTION SPARTIATE 15S
se rendirent de Sparte à Rome. Or les Achéens furent profondément indignés de voir que c'étaient précisément deux des ciefs d'émigrés ramenés par Philopœmen, Areus et Alcibiade, fui non seulement accusaient les Achéens du désordre inextricable des affaires à Sparte et se plaignaient aussi de leur cùté très amèrement de l'affaiblissement de leur ville par suite de son désarmement, de Texpulsion de tant d'hilotes, de la perte de Belmina et de Tabrogation des lois de Lycurgue, mais de- 'ï^audaient peut-être même (sans doute de connivence avec le pi'étendant Agésipolis) le rétablissement d'un État Spartiate indépendant*. Transportés de colère, les Achéens condamnèrent ^ nnort par contumace Areus et Alcibiade (en 183)* : malë^^ cela, ces personnages parurent bientôt après avec Tam- ^^.ssadeur romain Appius Claudius dans rassemblée achéenne ^ Glitor. Et c'est ici qu'Appius Claudius, profondément irrité ^^ la courageuse défense du stratège Lycortas, de sa politique ^^ de celle de ses amis à Tégard de Sparte, finit par dire *^U.utement « que les Achéens feraient très bien de faire à ^^tups et volontairement ce que sans cela le Sénat les force- ^îiit de faire sous peu ». Les Achéens perdirent courage. Ils unirent, pour ne pas être obligés de révoquer eux-mêmes leurs décisions à l'égard de Sparte, par s'en remettre complètement 5aux Romains pour juger la question Spartiate. Appius fit casser en conséquence Tarrêt de mort prononcé contre Areus et Alcibiade; la question principale devait être décidée à Rome. C'est là que parurent en 184, devant le Sénat, les envoyés des Achéens et les ambassadeurs des divers partis Spartiates '. C'est alors que se manifesta sous le jour le plus odieux la déplorable situation de l'État Spartiate. Cette cité — à la suite des événements de Tan 188 et sous l'impression des terribles difficultés qui, sur ce sol complètement dévasté par tant de révolutions, s'opposaient à la solution même approximative des
^'ita les Achéens à admettre dorénavant en tout temps les ambassadeurs ''omains à leurs assemblées. Polyb., XXIII, 10, 10 sqq., 12, 5 sqq. Fait- ^AN. et Liv,, loc. cit,
») Polyb., XXIII, 4, 8. il, 7 et «. 12, 2-4. Liv., XXXIX. 35. Pai s., Vu, 9^2. Cf. ScHORN, p. 310.
*) Lw., XXXIX, 35. Faisan., VII, 9, 2.
S) Liv., XXXIX, 33. 3M7. Polyb., XXIII, 5. Paisan., VII, 0, 3