‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 48 sur 186 · ATTITUDE INDÉCISE DE PERSÉE · texte numérisé non relu

ATTITUDE INDÉCISE DE PERSÉE

possible le roî Persécau point de vue militaire et politique. Dans ce but, une ambassade romaine se rendit en Macédoine (été 172): elle devait exposer au roi une longue série des griefs du Sénat et leur dénoncer Tamitié des Romains dans le cas où il refuserait de leur donner complète satisfaction et de s'en tenir strictement aux conditions du traité conclu avec Philippe. PerséCj avec une altitude pleine de fierté, avait déclaré au Sénat qu'il considérait le traité entre Rome et son père comme nul et non avenu, mais qu'il était toujours prêt à conclure avec Rome un traité sur le pied d'une égalité parfaite. Là-dessus, les ambassadeurs lui avaient déclaré la guerre et Tavant-garde de l'armée romaine avait été transportée à Apollonia, dans l'automne de Tan 172*. On commença à s'apercevoir alors que Persée n'avait nullement l'audace et la fermeté de son père ; qu'il était bien capable de préparer de grandes entreprises et de s'y engager avec ardeur et intelligence, mais qu'au moment décisif il n'avait pas assez de courage et d'énergie pour exécuter sur une grande échelle des plans depuis longtemps mûris ; qu'il n'était pas, en un mot, capable d'arrêter avec succès ses fiers ennemis et d'arracher aux liens de la politique romaine la Macédoine et la Grèce. Persée aurait dû, après avoir rompu ouvertement avec Rome, inonder sans retard la Grèce de ses splendides bataillons, disperser partout le parti romain, remuer les masses, anéantir le faible détachement romain qui stationnait en lUyrie, non seulement pour s'approprier par un grand coup — que les Romains, qui n'étaient pas tout à fait prêts, auraient eu beaucoup de peine à parer — tous les avantages stratégiques et toutes les ressources que la pleine possession de la péninsule grecque lui promettait, mais pour rendre confiants en sa cause, par son audace et ses succès, tous les souverains de TOrient. Au lieu de cela, Persce resta complètement inactif, en attendant les événements; bien plus, dans sa fatale pusillanimité, il se laissa non seulement isoler de tous côtés par la politique romaine, mais aussi assez gros* sièrement duper.

*) Liv., XLII, 18. 25. 27. 36. Cf. du reste les doutes de Nissen, p. 246 sqq. 253 sqq. quant à, la eréance que mérite la relation de Liv., XLII, 25« Voy. aussi Appian., ibid. c. 9, 2.

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