XIV PRÉFACE
de la Grèce jiisqu^aux dernières années d'Auguste. Puissé-je avoir réussi à rendre service par là à la science historique !
J'ai encore quelques observations à ajouter. Il est entendu que j'étudie uniquement l'histoire de la Grèce, et non pas l'histoire des Grecs ou même de Thellénisme à l'époque romaine. Il serait à désirer que cette tâche colossale fût enfin accomplie, mais nous n'avons pas encore, à beaucoup près, les travaux préparatoires indispensables. Peut-être, si quelque vaillant érudit entreprend un jour de résoudre ce grand problème, mon livre aura-t-il servi à lui frayer la voie à travei's une portion considérable du domaine de l'histoire de la race grecque à son déclin.
Mais, si modeste que fut ma tâche ainsi restreinte, j*avais cependant des obstacles sérieux à surmonter. Il fallait, en premier lieu, limiter dans l'espace le champ sur lequel devaient porter mes explorations. Naturelle-* ment, il comprenait tout d'abord les cantons grecs de l'antique péninsule qui va de l'Olympe aux parages de la Laconie ; mais il m'a fallu mener de front également l'histoire de la Macédoine, de Byzance, de la Crète et de Rhodes. Les Hellènes d'Asie-Mineure et de Sicile ne pouvaient pas non plus être tout a fait laissés de côté. J'ai imité ici le procédé du cartographe, qui, après avoir dessiné au centre de la feuille l'État dont il dresse le plan, s'occupe aussi, dans la mesure qu'il juge utile, des régions limitrophes. En mêlant ainsi à la trame de l'histoire grecque les événements de l'histoire hellénistique et romaine, événements qui ont si puissamment
PRËFACE XV
influé par contre-coup sur la destinée des Hellènes, surtout dans la période comprise entre la deuxième guerre punique et la chute de M. Antoine, ai-je réussi à garder partout un juste milieu entre le trop et le trop peu, mes lecteurs en décideront.
En ce qui concerne la limitation chronologique du sujet, j'ai cru indispeu sable de commencer mon récit à la fin de la lutte engagée entre Flamininus et le roi Philippe V de Macédoine. Cependant, comme l'histoire gréco-romaine jusqu'à la bataille de Pydna a été traitée déjà à plusieurs reprises, et même une ou deux fois d'une façon supérieure, j'ai cru pouvoir abréger ce qui précède cette date. \J Introduction ^ qui se relie immédiatement à la fin du troisième volume de V Histoire de r Hellénisme de Droysen, a été réduite au strict nécessaire : je ne me suis pas cru obfigé, aujourd'hui que les ouvrages de Droysen, de Mommsen et de Napoléon se trouvent dans toutes les mains, de disserter à mon tour, avec l'ampleiu^ qui conviendrait, sur l'état du monde méditerranéen pris dans son ensemble au temps de la deuxième guerre punique. Dans la partie qui va de Flamininus à la bataille de Pydna, mon but principal a été de justifier, en face des opinions de Mommsen et de Peter, la façon dont j'apprécie la politique des Romains à l'égard de la Grèce. A partir de la bataille de Pydna jusqu'à Auguste, j'ai cherché, au contraire, à être aussi complet que possible : seulement, j'ai réservé pour les voliuwes suivants l'histoire continue de la vie intellectuelle des Hellènes, notamment celle de l'Université d'Athènes.