IRAIT ATION DES R0>IA1NS CONTRE RHODES
parti de la guerre à Rome songeait sérieusement et était même à peu près décidé à chAtier, en lui faisant une guerre niineuse, l'insolente outrecuidance de leur insignifiante république *. Dans ces circonstances, la défaite complète de Persée à Pydna répandit à Rhodes une terreur mortelle ; c'est ainsi que cette vaillante tribu grecque se vit réduite momentanément à cet état d'affaissement moral pitoyable et sans dignité qui répand une teinte si lugubre sur l'histoire des derniers jours de la Grèce indépendante. Bientôt, en effet, fiprès la bataille de Pydna parurent dans le voisinage de *^hodes plusieurs diplomates romains, chargés par le Sénat d intervenir dans une guerre alors imminente entre le roi de Syrie et celui d'Egypte. Les Rhodiens, qui s'étaient hâtés d'a- -*^^ndonner le parti macédonien et ses chefs Binon et Polya- ^^tos, invitèrent dans leur angoisse ces hommes, le brutal ^aîas Popillius Laenas et Gains Bécimius, un peu plus mo- ^^éré que lui, à venir à Rhodes, afin de gagner au moins leurs ^*^onnes grâces et par là quelques voix influentes dans le Sénat, ^t, sur un signe de Bécimius, les Rhodiens se hâtèrent d'intenter des procès criminels, de condamner à mort ou de Jivrer aux Romains tous ceux de leurs concitoyens qui jus- '^u'alors avaient travaillé pour Persée contre les Romains; -quelques-uns avaient préféré s'enfuir ou se donner la mort. Après avoir longtemps erré de lieu en lieu, Polyaratos, le plus compromis de tous, fut enfin arrêté à Cibyra en Asie-Mineure
') ZoxAR., IX, 22 6n. Dio Cass., IV. 06, 2. Diod., XXX, 33. Cf. XXXI» 5, 1. Vell., I, 9. Appian., Maced.y c. 15. Polyb., XXVIII, 14 et 15. XXIX, 3, 7. 4, 1-5.5, 1-5. 7, 1-11. Liv., XLIV, 14. 15. 23. 28. 29. 35. XLV, 3, 23. Voy. aussi les rectifications chronologiques de Nissen, p. 261. 265. Cf. NiTzscH, Die Gracchen, p. 172. La.nge, p. 268. Meier, op. cit. p. 391 sqq, MoMMSBN, Bôm, Geschichte, I, p. 783 sqq. Peter, op. cit., p. 147-150. (D'après NissBN, p. 261 sqq. on peut douter d'ailleurs que les Rhodiens aient réellement pu faire devant le Sénat cette arrogante déclaration ; selon lui, ne seraient dignes de foi que les données d'après lesquelles l'ambassade ne fut admise devant le Sénat qu'après la bataille de Pydna; elle aurait ensuite déclaré son mandat primitif expiré et félicité les Romains de leur victoire; sur quoi le Sénat aurait répliqué avec une extrême hauteur que ridée seule d offrir sa médiation dans la dernière période de la guerre devait être considérée comme une démarche hostile à Rome, comme une prise de parti pour Persée, ce qui s'accordait du reste avec l'attitude ordinaire, si peu digne de confiance, des Rhodiens.)