CARACTÈRE ET FAUSSE POLITIQUE DE DLEOS
apparaît comme un homme des plus vulgaires, sans talent, sans vues politiques profondes, s'abandonnant en même temps à toute impression nouvelle que le hasard lui faisait éprouver. Bien qu'il ressentît contre Rome la haine la plus ardente, lui, du moins, ne songeait pas alors à'entraîner dans une lutte désespérée contre Rome loute-puissante ses partisans, les démocrates du Péloponnèse. Si, dès ce moment il Tavait sérieusement voulu, il ne se serait pas attiré la haine de Sparte pour des motifs mesquins et purement personnels; ou du moins, on considérant la situation générale des affaires comme elle se dessina dans le courant de Tannée 149, il eùl fait la paix avec Sparte à tout prix et le plus vite possible. Un Achéen qui eût songé alors à se battre une fois encore avec Rome pour rindépendance de la Grèce eût pu ou bien amener dès à présent toutes les forces péloponnésiennes h Thomme audacieux qui précisément alors (voy. ci-après) avait soulevé la Macédoine contre Rome; ou encore, en alliant du moins quelque intelligence politique à son fanatisme, un pareil chef, tandis que, vers la fin de 1 année 149 les Romains se trouvaient enga" gés en même temps et sur divers points dans des guerres très dangereuses, en Espagne, devant Carthage, en Macédoine, eût pu exciter énergiquement les passions politiques des Péloponnésiens et tenir prêtes les forces réunies des confédédérés, pour se jeter lui aussi sur Rome à la première occasion favorable, et cela non sans quelque chance de succès. Mais le misérable Dia^os ne songeait pas à cela. Brouillé avec Sparle pour les motifs les plus bas, il n'avait, avec son horizon borné, qu'un seul but: se venger le plus cruellement possible de ces Spartiates qui étaient, en somme, depuis bien longtemps les ennemis de sa ville natale, toujours prêts à favoriser une politique sécessionniste et avant tout les protégés de Rome. Avec un peu d'empire sur lui-même, Diœos, s'il n'eût pas voulu se mesurer avec Rome elle-même, eût pu, maintenant encore, prévenir ce qu'il y avait de plus dangereux dans cette tendance constante des Spartiates à violer certaines lois fédérales et à provoquer l'intervention de Rome dans les querelles des confédérés. Au lieu de cela, nous le voyons, ainsi que Ménalcidas, prendre plaisir à se rendre coupable de nouvelles bassesses.
SOULÈVEMENT DU PSEUDO- PHILIPPE EN MACÉDOINE 23f5
En effet, les Romains, comme nous l'avons déjà fait observer, avaient précisément alors à faire au dehors et en divers lieux des guerres très importantes et extrêmement difficiles. Il arriva donc qu'en ne songea pas en attendant à envoyer en Grèce, comme on l'avait promis, la commission qui devait vider les misérables querelles des Spartiates. Sur ces entrefaites, Ménalcidas à Sparte et Diœos au milieu des confédérés eurent, le courage de tromper tous les deux leurs compatriotes. En s'appuyant sur je ne sais quelle raison spécieuse, Ménalcidas essaya de persuader à ses concitoyens que le Sénat s'était prononcé en faveur de l'indépendance complète des Spartiates : Diaeos, de son côté, affirmait que le Sénat abandonnait complètement les Spartiates au bon plaisir des confédérés*. Les passions s'allumèrent des deux côtés avec tant de violence que la guerre civile devait nécessairement éclater. Damocritos, élu chef de la Ligue pour Tannée 148, fît les préparatifs les plus énergiques pour envahir la vallée de l'Eurotas au printemps ou en été avec une supériorité numérique écrasante*. Les protestations de ce qui restait du parti modéré ne furent plus écoutées; quant au parti romain oligarchique, il était si impuissant depuis la mort de Callicrate qu'il ne put empêcher qu'on éloignât dos places publiques les statues de cet homme naguère encore si influent*. Le parti de la guerre, qui no voyait pas arriver la commission sénatoriale, sentait grandir son courage à mesure qu'en Macédoine les choses prenaient pour Rome une tournure plus grave. En effet, en 149, une révolte formidable avait éclaté en Macédoine. Un jeune homme, qui se faisait passer pour fils de Persée, avait réuni sur les frontières de la Thrace un grand nombre d'aventuriers, s'était fait reconnaître par quelques princes et quelques tribus thraces et avait commencé, fort de leur appui, à tenter d'envahir la Macédoine orientale. Une brillante victoire remportée sur les milices du canton d'Amphipolis lui permit de passer le Strymon; une seconde victoire à l'ouest de cette rivière livra les autres cantons de la Macédoine à ce jeune chef, dont
«) Paiisan., VII, 12, 2 s. fin.
«)Pau8An., VII, i3, 1.
») a. PoLYB., XXXVII, 1 g.