LA GUERRE EN MACÉDOINE
lait une dernière fois conlrc Uomc avec le courage du désespoir el mettait alors le Sénat dans le plus grand embarras par sa furieuse résistance*. Dans ces circonstances difficiles, dont, il est vrai, les ennemis de Rome dans le Péloponnèse, par suite de leur manque de clairvoyance, ne surent ou n'osèrent pas profiter pour agir résolument, le Sénat se hâla d'envoyer sur le théâtre de la guerre avec des forces considérables un de ses meilleurs généraux. Le préteur Q. Ca?cilius Mélellus, qui appela à son aide la flotte d'Attale II, roi de Pergame, réussit à pénétrer en Macédoine au printemps ou dans Télé de Tannée 148, mais fut battu à Pydna dans une rencontre de cavalerie. Le prétendant devint alors si téméraire qu'il divisa scm armée el envoya un détachement en Thessalie, sans doute pour exciter les Grecs à la révolte sur les derrières de Métellus. Mais bientôt le général romain réussit à contraindre son adversaire à lui livrer une bataille décisive dans laquelle les Macédoniens, affaiblis mal à propos par le départ du corps d'armée envoyé en Thessalie, furent complètement battus; le prétendant se vit forcé de reculer en attendant jusqu'à la frontière de la Thrace*.
L'état des affaires macédoniennes, pendant longtemps si grave pour les Romains, avait puissamment accru pendant Tannée 148 l'ardeur belliqueuse de la démocratie achéenne, du moins à l'égard de Sparte ; si bien que, dans cette question, on i)rava ouvertement les Romains. Déjà en effet, le stratège Damocritos était sur le point d'envahir la vallée de l'Eurotas lorsqu'un message du général Mélellus arriva dans son camp. Métellus, nous dit-on, à la nouvelle de la crise menaçante du t^éloponnèse, avait invité une ambassade qui se rendait en ^Asie par ordre du Sénat à passer par le Péloponnèse et à engager vivement les confédérés à mettre fin aux hostilités contre SSparte et à attendre tranquillement l'arrivée de la commission
•) Zo.NAR.,/(>c. c«7., Liv., Epit-, L. Dion., XXXII, 0. Cf. Flou., loc. cil,, -^ppiAN., Punie, c. 111. EiTROP., IV, 13. Oros., IV, 22, s. lin.
*) DiOD., Fragm. ScoriaL, ihid.j 11° 18. Zo.nar., ibid. Liv., ibvl. Kltrop., €bid, Flor., ibid. Vell., ibid, Voy. aussi Strab., XIII, -4,2, p. 926 (624). -AuR. VicT., De vir. Ul, 61. (Met. Maced.) init. Ouseôiens, c. 78. Porphyr., *//i(i. L. Ampel., c. 16. Cf. Meier, /oc. fi^, p. 409 sqq. Mommsen, Rom. Ges- €^hichte, Ujp, 39 sqq.
238 (iUERRE DES ACHÉENS AVEC SPARTE
séiialorialo aiinoiicéo. Mais'Uamocrilos ne tint plus compte maintenant de cet avertissement et continua tranquillement à marcher sur Sparte. Quelque temps après eut lieu une bataille acharnée, dans laquelle les Spartiates, bien plus faibles que leurs adversaires, furent complètement battus et perdirent mille de leurs meilleurs combattants. Au lieu do couronner sa victoire par une attaque de la ville de Sparte et d'opposer dans tous les cas à Tintervention romaine inévitable au moins un fait accompli dans la prise de cette ville, Damocritos se contenta de piller sans plan déterminé la vallée de TEurotas. Cette conduite irrita si fort les confédérés qu'après le retour de Tarmée ils condamnèrent le stratège comme traître à une amende de 50 talents, le forçant ainsi à quitter le Péloponnèseen fugitif ^ Dia'os fut alors nommé de nouveau stratège pour Tannée 147. Sur les instances réitérées de Métellus victorieux ce chef cessa, il est vrai, de faire ouvertement la guerre
Sparte; par contre, il sut, sans bruit, nuire d*une autre manière à ses ennemis : il décida toutes les petites villes du territoir Spartiate à passer du côté des confédérés, y mit des garni— ^sons, et tint ainsi les Spartiates bloqués de la façon la plur jds gênante, de telle sorte qu'il ne purent même pas cultiver leurr -'-■rs terres. Ménalcidas, qui commandait alors les forces de sov ^n pays, en fut si furieux, qu'il sortit tout à coup de Sparte^E^^, surprit la petite ville de lason, située sur la montagne, ei\ ML la détruisit complètement. Cette flagrante violation de la pai^^is fut toutefois si fortement désapprouvée à Sparte même qaML.vue Ménalcidas préféra, dans sou désespoir, mettre fin à ses joulk: ^rs par le poison*.
Cependant le temps était venu où ces misérables quereller» -es devaient tout à coup prendre des proportions formidables ^ et amener avec une rapidité inattendue une grande catastroptr.^She
>) Palsan., VII, 13, 1-3.
*) Pausan., vu, 13, -4-5. Cf. Clrtius, PeloponnesoSy II, p. 250, et s^^sur la potite ville de luson, qui était probablement située dans la contrée appeK- ^^ Sciritis, cf. p. 322. Polybe, XL, 5, G. nous parle d'un crime sangli^^^nt commis par Diaîos à cette époque. Celui-ci fit non pas simplement iDettre==g * mort, mais périr dans les tortures de la façon la plus atroce et avec ses ^^E's un certain Philinos de Corinthe, qui passait pour être Tami des Romains ^^ pour avoir conspiré avec Ménnlcidas.