NOUVELLE ORGANISATION DE LA GRÈCE 26S
naissons de nom qu'un certain nombre do ces hommes; à savoir (on n'est pas d'accord sur le rôle de Spurius Mummius, alors déjà âgé selon toute apparence), Gains Sempronius Tuditanus, et le consulaire efféminé, Aulus Postumius Àlbinus, dont la prédilection pour tout ce qui était grec dégénérait en fatuité*. Selon toute apparence (voy. ci-après), le consul Mummius et les dix légats réglèrent alors systématiquement les rapports avec Rome de toutes les contrées depuis le Ténare jusqu'à FOlympe, y compris les îles les plus voisines. Quant aux Hellènes récemment vaincus, on abolit partout chez eux aussi les constitutions démocratiques; partout dorénavant le gouvernement devait être légalement mis entre les mains de l'aristocratie ou de l'oligarchie, ou plutôt entre celles des classes distinguées par un cens élevé. Tous les Hellènes (à l'exception des Athéniens liés à Rome par une <( alliance » spéciale et de quelques autres villes particulièrement favorisées [cf. ci-après] durent payer dorénavant un tribut annuel à Rome. Puis, sur l'ordre du Sénat, on commença à appliquer en Grèce la même mesure au moyen de laquelle les Romains s'efforçaient partout (comme ils l'avaient déjà fait après les victoires remportées sur les différentes tribus de l'Italie) de paralyser les forces des peuples soumis. Toutes les confédérations cantonales et «internationales »,ou plutôt» intercantonales », qui subsistaient encore en Grèce furent donc déclarée dissoutes de droit; une mesure qui, naturellement, frappait le plus durement le Péloponnèse. Les diverses com-
*) Comme nous rapprend Cicéron {Epist, ad Atticum, lib, XIII, 30, 3), Polybe n*avait pas nommé individuellement les dix légats. Les recherches de Cicéron nous apprennent que Spurius Mummius, ami des Scipions et frère du vainqueur de Leucopétra (cf. Mommsen, R. G., II, p. 437-451), ne se trouva probablement pas parmi les dix commissaires du Sénat, mais accompagna vraisemblablement son frère en Grèce dès le début, en qualité de légat militaire (Cic, Ad AU. y XIII, 5, 1. 6, 4. 30, 3). Il aida naturellement son frère de ses conseils, comme le fit aussi leur père, qui, d'après ZoHhR,, IX, 31, se rendit également auprès du consul (après la ruine de Corinthe). Cf. aussi Teuffel, op. cit , p. 202. Sur Tuditanus, Postumius Albinus, et, en général, sur ces événements, voy. Gic, ibid.^ XIII, 4, 1. 5, 1. 6, 4. 30, 3, 32, 3. 33, 3. Sur ce que Cicéron pense du rôle de Tuditanus V. ibid, 33,3. 6, 4, et cf. Haakh, in Paulys A. JE., vol. VI, 1, p. 976. Sur Postumius, y. plus haut, p. 231, et Haakh, op. ct7., vol. V, p. 1941, et PoLYB., XL, 6, 1-12.Gbll.,XI,8. PLUT.,Apop/*M., Rom, Cat. maj, 29.