TREMBLEMENTS DE TERRE DE SICYONE ET DE RHODES
rébellion en Achaïe sous Antonin *• Ils ne sont, à la vérité, pas aussi complètement apocryphes que ceux qui ont trait à la prétendue sédition des Athéniens dans les dernières années d* Auguste (t. I, p. 489) ; mais il ne s'agit sans doute que d'une sédition locale, dirigée contre un fonctionnaire romain peu aimé^ ou causée par une mesure administrative qui avait excité le mécontentement (chose bien surprenante, eu égard à la douceur du gouvernement d'Antonin, qui, comme son successeur, suivit avec autant d'intelligence que de bon vouloir la voie tracée par Hadrien). Suivant toute apparence, ces troubles, que dut également fomenter l'esprit démagogique du trop fameux cynique Pérégrinus Protée, banni de Rome par le préfet de la Ville peu de temps auparavant pour avoir grossièrement injurié l'empereur, demeurèrent sans autres suites appréciables.
Une catastrophe des plus funestes , par contre , fut Teffroyable tremblement de terre (cf. ci-dessus, p. 93) qui, vers Fan 155 ap. J.-C, dépeupla en grande partie la ville de Sicyone, ville déchue assurément de ce qu'elle avait été jadis, rabaissée par l'essor de la Nouvelle-Corinthe, mais cependant toujours florissante par comparaison avec la situation générale de l'Achaïe d'alors. Ce tremblement de terre détruisit beaucoup d'anciens monuments ^ ; mais ce fut sur la côte orientale de la mer Egée qu'il exerça ses plus terribles ravages, dont fut victime la magnifique ville de Rhodes. De cette cité, qui occupait toujours une haute situation comme place maritime puissante et prospère ^, la majeure partie fut réduite par la
*) Cf. Scriptores Hist. Aug. (éd. Peter, vol. I), Jul. Capitolin., Vit, Antonin.y 5, b fin. et Lucian., De morte Peregrin, y 18 et 19 init. Voy. aussi SiEVERS, article Antonini dans Pauly, R. E., I, 1, p. 1196, et Ellissen, Zur Gesch, Athens^ p. 107, 3. D'après Lucien {op. cit., 19 et 20), on peut conjecturer que ces troubles se produisirent à peu près vers le milieu du règne d'Antonin.
2) Cf. Pausan., VIII, 43, 3; voy. notamment II, 7, 1. Gurtius, Peloponriesos, II, p. 487.
3) Pausan., IV, 31, 5. Il est très intéressant de remarquer qu'à cette époque du règne d'Antonin le Pieux, un rescrit reconnaît encore la haute valeur de l'antique droit maritime de Rhodes, et que, dans un cas douteux, l'empereur se borne à spécifier que la question doit être décidée d'après les prescriptions de ce droit, cf. Dig., XÏV, 2 (De lege Rhodia dejactu), 9. VoLUSius Moecianus, ex lege Rhodia « à^liùaii Eyèai(Aovo;, x. s. X ».