LA. GUERRE CONTRE LES PARTIIES
La grande guerre contre les Parlhes, dont la marche et les succès furent observés avec un vif intérêt % et qui enfin provoqua en Grèce comme ailleurs tout un ensemble de travaux historiques, de déclamations, de dissertations, dont bon nombre assurément n'étaient que des caricatures de la véritable et bonne manière d'écrire l'histoire', cette guerre s'était poursuivie^ à la vérité, très loin des frontières du monde grec. On avait, en l'an 162, salué avec joie l'empereur L. Verus, lorsque, partant pour le théâtre de la g-uerre et faisant de ce voyage le long des côtes de la Grèce une véritable promenade, il était descendu à Athènes chez Hérode Atticos \ On s'entretenait avec étonnement de ce brillant météore, courant de l'Ouest à l'Est le long de l'horizon, qui apparut à Verus au milieu des sacrifices ponîpeux qu'il offrit solennellement à Athènes, et on interprétait volontiers ce phénomène comme un présage de rheureux succès de la guerre contre les Parthes '*. Et après que la guerre d'Orient eut été glorieusement terminée, on crut réellement pouvoir s^abandonner de nouveau, avec toute Texubérance d'une satisfaction sans limites, au tranquille bonheur d'une longue paix que rien ne troublerai t%
Mais bientôt les choses prirent une bien triste tournure. D'abord, en effet, les légions revenant en Europe de la guerre contre les Parthes avaient rapporté d'Orient la peste ^ Et
1) Cf. notamment Bôgkh, II, Addend., n° 2347 A", (init.) p. 1059 sq., et la plupart des inscriptions citées jusqu'ici, qui (depuis lG6ou 165ap. J.-G.) rapportent les noms de victoires des empereurs. Cf. Bockh, C. I, Gr.j I, p. 822. Clinton, pp. io4-156.
-) LuGiAN., Quomodo historia conscrlbenda sit, 2-32. Preller, dans Pauly, 7Î. E. , p. 1178. Voy. Sommerbhodt , Ausgew. Schriften Lucians, III, pp. 2 sqq. Clinton, p. 157. Bernhardy, Gricch. Litt. Gesch., I, pp. 608-
") pHiLOSTRAT., VU. Sopkist., II, 1, 11, p. 561. C\piT0LiN., Vev. 6, 9.
*) Syncell., éd. Bonn., p. 664, ou 352 a (P.). Euseb. et Hieronym., Chron.y éd. Schone, vol. H, p. 170. 171. Cassiodor., Chronic, éd. Th. Mommsen, p. 638. C'est alors que le célèbre écrivain Lucien rendit à l'amie de Verus, la belle Smyrniote Panthéa, un hommage enthousiaste dans deux de ses plus spirituels écrits, Imagines et Pro imaginibus, qui dépeignent avec de brillantes couleurs sa beauté, ses talents et ses vertus ; cf. aussi Friedlander, Barstellungen, I, p. 101 sqq.
2) Cf. LuGiAN., Quomod. histor. conscrïbend. sit, 5.
6) La peste : Eutrop., VIII, 12 Kn. Syncell., éd. Bonn., p. 665, ou p. 352 c(P.). Oros.,VII, 15. CAPiT0LiN.,Fer.,8 init.Marc. Anion., 13,3 sqq.