STATISTIQUE DE LA GRÈCE
Grèce du temps des Antonins seulement avec celle d'Auguste, que la situation de ce pays s'était relativement beaucoup améliorée, que dans l'ensemble elle était devenue très tolerable, et que, dans l'état normal des choses, la population de cette province, quoiqu'il ne lui fût pas permis de se mesurer avec la florissante Asie, pouvait cependant encore, après l'achèvement de sa journée politique, se contenter du soir dont il lui était donné de jouir. Des calculs minutieux ont établi que l'Achaïe continentale, à côté d'un nombre de villages et de petites villes qu'il n'est plus possible de fixer avec récspiion, mais qui était certainement très considérable, possédait encore alors un peu plus de cent grandes localités de l'étendue la plus inégale (dont soixante pour le Péloponnèse)*, qui perpétuaient énergiquement, avec plus ou moins de bonheur et avec des titres plus ou moins justifiés par les faits, la vie municipale du passé, ainsi que cela résulte très clairement des indications de Pausanias confirmées en tant de circonstances par les inscriptions et les médailles. Ce que Pausanias nous montre bien clairement aussi, c'est, comme le dit un écrivain moderne, « la vitalité opiniâtre de la plupart des communautés municipales grecques, qui se conservèrent sur place avec leurs anciennes familles et les ramifications de celles-ci, avec leurs constitutions, leurs fonctionnaires, leurs lois, leurs tribunaux, leurs rites religieux du temps passé. Les villes fondées par les Hellènes paraissaient indestructibles comme les oliviers sacrés de l'Attique^). Quoique Pausanias s'intéresse à la vérité beaucoup plus aux travaux d'architecture et aux antiquités, aux cultes, aux légendes et aux traditions historiques qu'à la situation même de la Grèce de son temps, nous pouvons cependant très bien reconnaître aussi dans son livre, avec l'aide de renseignements d'une autre provenance, quelles parties et quelles villes des divers cantons étaient dépeuplées et dévastées, quelles autres par contre s'étaient relevées ou avaient résisté à la décadence,
*) Cf. KuHN, Rom. Ve7'fass.,U, pp. 65-68, qui en évalue le nombre (approximativement) à environ cent; Becker-Marquârdt, il. A., III, 1 p. 124; pour le Péloponnèse : Gurtius, Peloponnesos, I, p. 83.
-) CuRTius, Peloponnesos, I, p. 82.