DÉCADENCE DE CERTAINES PARTIES DE LA GRÈCE
taine publique ! Dans la Béotie, comme nous l'avons plus d'une fois reco'nnu en suivant son histoire^ Thèbcs élait tombée si bas que la citadelle (la Cadmée) était seule, en fait, encore un peu habitée, et que le nom de la ville de Thèbes ne désignait plus qu'elle. Dans l'ancienne ville basse il n'existait plus, au temps de Pausanias, que les antiques et célèbres portes ; on n'y conservait plus notamment, avec la pieuse sollicitude propre aux Grecs, que des objets sacrés de la nature la plus diverse*. En même temps, pour ne pas parler de l'Étolie, une détresse semblable se produisit sans doute dans d'autres parties encore de la Grèce, par exemple, dans les îles ; c'est ce qui n'est assurément pas contestable. Beaucoup de ces îles, qui avaient été dévastées, ne se relevèrent jamais sous la domination romaine^; on éprouvait une impression particulièrement pénible en présence des traces ineffaçables de désolation et de décadence que portait l'île athénienne de Délos, où Pausanias dans ses voyages ne trouva plus qu'une population cruellement décimée et un piquet de soldats athéniens pour la garde du sanctuaire^ Enfin Texistence, en général, d'un fâcheux mouvement rétrograde, en tout cas la perturbation dans l'ordre économique est attestée par le fait que raconte Philostrate, — (si toutefois le texte dont il s'agit est bien le véritable), — que de son temps l'île de Cos tout entière (peut-être à la suite des ravages du grand tremblement de terre qui eut lieu sous Antonin le Pieux) appartenait à un unique grand propriétaire^ Hymnseos dePéparèthe, qui y fît des plantations de vignes considérables*. Nous reconnaissons par contre, en comparant cette même
1) Pausan., VIII, 33, 1. IX, 7, 4 fin. (12, 3) ; 8, 3. 10. 11. 12. 16-18 et 23 init. 25.
2) Cf. ici encore les passages cités dans Friedlander, Barstelbingen, II, p. 67, note 2; cf. aussi, notamment, les épigrammes cI'Antipater Thessa- LONic, 35-37 dans Anthol. éd. Jacobs, II, p. 104 sqq. [A. Palat., IX, 421) et Apollonidas dans Anthol., IX, 408. Mûller, Mginetic, p. 193.
3) Pausan., VIII, 33, 1.
*) Philostrat., Heroic, p. 670 init. (p. 288 éd. Kayser). Je suis à la vérité forcé de me demander s'il n'y a pas ici une fausse leçon ou une erreur 'de copiste ; je veux dire si, au lieu de l'île de Cos, Philostrate n'a peutêtre pas plutôt entendu parler de la petite ville d'Icbs, si voisine de Péparéthos.