‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 160 sur 179 · LES DIALECTES · texte numérisé non relu

LES DIALECTES

temps d'Hérode Alticos, et même jusque dans la première moitié du in® siècle après J.-C, la noble langue attique était encore parlée dans sa complète pureté, non plus à la vérité dans la ville d'Athènes, toute remplie d'étrangers^ d'esclaves venus du dehors et particulièrement de jeunes étudiants étrangers appartenant à toutes les parties du monde romain et hellénistique, mais dans les campagnes de l'Attique ^ Nous voyons également que, encore au temps de Pausanias et notamment dans le Péloponnèse, la population bien diminuée des cantons de l'Achaïe, qui gardait d'ailleurs si fidèlement ses mœurs et ses usages d'autrefois, avait gardé aussi et parlait dans ses villes et villages les anciens dialectes, partout où les colons romains ne s'étaient pas, comme à Patrae et à Corinthe, mêlés en masse aux anciens éléments grecs. On fait spécialement ressortir que, entre tous les peuples de même race, les habitants doriens de Messène, relevée par Epaniinondas, avaient conservé encore au temps des Antonins leur dialecte dorien dans un remarquable état de pureté ^

En même temps, si nous entrons plus avant encore dans le détail de la vie hellénique et de ses manifestations, nous voyons, comme nous l'apprennent en maintes circonstances beaucoup d'inscriptions jointes aux observations incidentes de Pausanias, que de très nombreux restes de constitutions grecques, d'un développement ancien ou récent^ se sont conservés avec une remarquable vitalité. Nous ne mentionnerons que très brièvement les diètes provinciales ou xc.và de Macédoine^ et de Thessalie *, dont l'existence se perpétue. La diète

*) PhIlostràt., Vit. Sophist., II, 1, 7, p. 553 fin. et 31, 1 init. p. 624.

^) Pausan., IV, 27, 5 fin. (Cf. d'une manière générale ce que dit déjà Strabon, p. 230 Casaub.). Pour le caractère dorien de la langue officielle à Sparte, voy. aussi Philostrat., Apollon. Tycm. Epldol. n" 62. Bien des petites taquineries de canton à canton se perpétuaient égalennent encore ; on se moquait de la lourdeur d'esprit des Béotiens (Lugian., Juplt. Tragœd.y 32} ; les femmes thessaliennes (Lugian., Dialog, meretric, I, 2 fin. IV, 2 init.) avaient, pour les vilaines et suspectes pratiques de magie, une réputation que celles de l'Acarnanie partageaient avec elles (Alciphron, Epist., III, 44.)

3) BôcKH, C. I. Gr., II, no« 1999. 2007. et Addend., p. 993, n° 1999 6. 2007 6. Cf. ci-dessus, p. 10, 1.

*) Cf. Leake, Trav. in north. Greece, n» 12. Digest., V, 1, 37 (du temps d'Hadrien) et XLVIII, 6, 5, § 1 (du temps d'Antonin le Pieux).

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