‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 161 sur 179 · LES CONSTITUTIONS GRECQUES · texte numérisé non relu

LES CONSTITUTIONS GRECQUES

provinciale des Hellènes d'Achaïe continua d'avoir son administration et ses réunions, ainsi que nous avons pu le remarquer à diverses reprises dans le cours de notre travail* ; il en faut dire autant des Amphictyons ^ dont nous avons déjà aussi parlé plus d'une fois et qui (cf. ci-dessus, p. 262), avec leur nouvelle organisation datant d'Auguste (t.I, p. 475 sqq.), avec leur administration, leurs assemblées aux Thermopyles et dans la ville de Delphes magnifiquement décorée, avec le sanctuaire pythique et sa panegyric dont ils avaient la direction, jouaient toujours dans la vie de l'Achaïe d'alors un rôle de quelque importance, quoique leur éclat eut bien pâli devant celui des Panhellénies d'Hadrien. Le mécanisme des anciennes confédérations isolées d'Achaïe, avec leur administration, fonctionnait toujours; c'est ainsi que nous connaissons pour cette époque la confédération des Achéens, subsistant avec ses stratèges et autres fonctionnaires et ses assemblées provinciales à Algion ^ ; celle des Béotiens avec leurs béotarques et leurs assemblées fédérales dans le temple d'Athêné Itonia près Coronée *, et celle des Phocéens avec leurs phocarques^ et leur assemblée provinciale dans le vaste et splendide palais appelé « Phocicon^ », sur la grande route de Daulis à Delphes. Nous citerons aussi, une fois encore, les Éleuthérolacones avec leurs fonctionnaires, lesquels, (cf. les textes cités au tome I, p. 286, 1) peuvent être suivis dans les inscriptions jusqu'au règne de (jordien HI. Quant à Sparte, nous connaissons pour les premiers siècles de l'époque impériale un nombre extrêmement grand de patronomes et

1) BocKH, C. I. Gr., I, n°« 404. 1124 init. 1318. 1396. 1718. 1719; peutêtre aussi III, n° 4021. Cf. aussi sur ces diètes piovinciales et le culte qu'elles rendaient aux empereurs, Ross, Archdologische AuffuUze, I, p. 123 et Philistory IV, 4, p. 332 sqq., n° 1.

2) Cf. BôCKH, I, n°M121 et 1124 (pour Argos); n» 1738 (pour la Pliocide); n° 1058, p. 560 (pour Mégare). Pausan.. X, 8, 2-3 et VII, 24, 3.

3) BôCKH, I, n°« 1124. 1186. 1307. Pausan., VII, 24, 3.

*) BôCKH, I, p. 727 sqq. et n" 1058. II, Addend., n» 2463 c. I, n°^ 1626. 1738. Keil, SyÙ. inscr. Boeot., p. 146. Pausan., IX, 34, 1.

') BôCKH, 1, n° 1738. Keil, Syll. ini^cr. Boeof,, n° 26, p. 109 sqq. Pausan., X, 4, 1 ; 33, 1.

^) Pausan., X, 5, 1.

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d'éphores éponymes ^ ; et nous avons pu remarquer plus d'une fois déjà (t. I, p. 287 sqq.) que le conseil appelé la (( Gérousie » et la grande quantité des autres fonctions administratives s'étaient conservés jusqu'à cette époque, ainsi que les assemblées du peuple, autant que pouvait le permettre encore la situation de ce petit État 2. Les anciennes divisions du peuple en groupes distincts s'étaient également maintenues en plusieurs endroits, notamment l'antique répartition par tribus ((pjXa(). Sans parler des innombrables inscriptions qui mentionnent les tribus athéniennes (p. 347 sqq.), il existait encore alors des tribus à Mégare, 011 nous connaissons celle des Pamphyles ^; à Argos, où nous rencontrons les Dymanes, les Hylléens, les Hyrnathiens, les Pamphyles *. A Sparte, où nous trouvons à plusieurs reprises le nom de çuX*<^% les anciennes dénominations doriennes des tribus ont par contre disparu ; nous trouvons à leur place, désignées désormais comme « tribus », à cette époque encore et à l'époque suivante, plusieurs des anciens quartiers urbains % comme Pitane, Mésoa, Cynosoura et Limnse. Et si nous allons plus loin encore, nous constatons qu'il y avait encore à cette époque, à Argos notamment, des gens qui faisaient remonter leur origine jusqu'à Persée et aux Dioscures ' ; et à Sparte — où d'ailleurs la romanisation en ce qui concerne le culte des empereurs, les noms et les familles, s'était développée avec une puissance toute particulière — apparaissent, à côté de familles qui se parent orgueilleusement de noms antiques

*) La liste s'en trouve dans Bockh, I, p. 606 sqq. (612 6, alin. 3) et p. 608. Cr. Hermann, Griech. Staatsalterthûmer, § 50, 21.

*) Pausan., II, 9, 3 et IH, 11, 2 ; 12, 4. 8. Buckh, I, p. 605-614. D'après Suidas, s. v. Aixatap-/o?, l'écrit de Dicéarque sur la constitution de Sparte fut longtemps encore lu publiquement chaque année. Cf. aussi C. Muller, Fr. Hist. Grœc, II, p. 241, 21.

3) BôcKH, I, n° 1073.

*) BôcKH, n°« 1123. 1128. 1130. 1131. 1132. Gurtius, Peloponnesos, II, pp. 363. 563.

^) Bockh, n° 1272 sqq. ; voy. aussi la note suivante. Cf. Bôckh, I, p. 609 sqq. Il est question aussi d'Obse : n°s 1272 sqq. et 1471.

«) Bôckh, n°« 1425. 1426. 1338. 1347. 1386. 1272. 1273.1274. 1377. 1241. Pausan., III, 14, 2. Voy. aussi Herodian., IV, 8, 3.

') Bôckh, n° 1124. Cf. plus haut, p. 356.

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