‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 75 sur 179 · RELTOLES DES TEMPS HÉROÏQUES · texte numérisé non relu

RELTOLES DES TEMPS HÉROÏQUES

Les voyageurs dont Fintérêt se portait moins sur le présent * que sur les traditions mythologiques et historiques du monde grec trouvaient également dans les temples grecs ou dans leur voisinage de nombreuses reliques de toutes les époques, conservées avec amour. Il est véritablement prodigieux de penser que l'on montra plus tard à Pausanias, dans un de ses voyages, sur le bord d'un torrent près de Panope en Phocide, deux énormes pierres qui passaient dans le pays pour les débris de l'argile avec laquelle Prométhée avait, dit-on, modelé ses hommes ; le naïf voyageur fut assez complaisant pour trouver aussi, de son côté, que ces pierres sentaient la peau humaine^. Les reliques de l'époque héroïque étaient plus riches et très populaires. Nous avons raconté précédemment qu'Auguste fit enlever du temple d'Athêné Aléa à Tégée et transporter à Rome les dents du sanglier de Calydon '\ On montrait encore entre autres, en plusieurs endroits, ce qui est bien caractéristique, l'œuf de Léda ; un exemplaire de cette relique (probablement un œuf d'autruche) était appendu, enveloppé de bandelettes qui le retenaient au plafond *, dans le sanctuaire des filles de Leucippe, Phœbé et Hilaeira, à Sparte. A Lindos, on montrait dans le temple d'Athêné une coupe d'électron, offrande votive d'Hélène et qui était, disait- on, la mesure de son sein ^ Dans un temple d'Apollon, sur l'agora de Sicyone, on exhibait le bouclier et le glaive d' Agamemnon, le manteau de guerre et l'armure d'Ulysse, l'arc et les flèches de Teucer, la toile de Pénélope, le vêtement d'un des prétendants^ sans compter une cassette d'Adraste ; on montrait même les avirons et le gouvernail des Argonautes, la chaudière dans laquelle avaient bouilli les membres du vieux Pélias, un

1) Il faut remarquer aussi les voyageurs qui, comme le grammairien Prologène de Tarse, firent le voyage de Grèce pour des motifs où l'esthétique se mêlait à une sensualité frivole (Plut., Amator., 3 fin.), ou l'interprète de songes, Artémidore de Daldis, qui fit, dans l'intérêt de sa « science», à l'époque d'Hadrien et des Antonins, beaucoup de voyages, et visita ainsi la Grèce (Artemidor., Onirocrit., I, proœra., p. 3).

2) Pausan., X, 4, 3.

3) Tome 1, p. 467.

*) Pausan., III, 16, 1, 2. Cf. Friedl^nder, II, p. 95. Lobeck, AglaophamuSj p. 50 sqq., adn.

S) Plin., N. h., XXXIII, 4 (23), 81.

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