‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 76 sur 179 · RELIOIJES DES TEMPS HÉROÏQUES · texte numérisé non relu

RELIOIJES DES TEMPS HÉROÏQUES

morcecau de la peau de Marsyas, les plus anciens caractères de Palamède, et jusqu'à des débris de la pierre avec laquelle Athêné avait donné son suffrage dans le procès d'Oreste *. Dans le temple d' Athêné Poliade sur Facropole d'Athènes, on montrait une vieille chaise qui pouvait se replier ; c'était, assurait-on, l'ouvrage de Dédale ^ On dit que dans le même sanctuaire se trouvait, sur un bouclier, un portrait de cet artiste ^ A Ghéronée, on présenta à Pausanias ce qu'on appelait le sceptre d' Agamemnon, que Héphaistos avait fabriqué pour Zeus, mais que Zeus avait, disait-on, abandonné à Hermès ; d'après la tradition, il avait passé de Hermès à Pélops, puis à Atrée et Thy este, enfin à Tillustre chef des guerriers achéens*. Dans Fîle d'Eubée, on montrait encore au temps de Justinien un vaisseau que, disait-on, Agamemnon avait, à Géreste, lors de l'expédition contre Troie, consacré à Artémis^ et à Cassiope, dans l'île de Corcyre*^, on prétendait posséder encore pétrifié le navire sur lequel les Phéniciens avaient conduit Ulysse rentrant dans sa patrie de Schéria à Ithaque.

Les débris du passé réellement historique avaient naturellement plus de valeur. Du temps de Yespasien et de Mucien, on montrait encore dans le temple d' Athêné à Lindos, dans l'île de Rhodes, la cuirasse de lin qu'autrefois le pharaon Amasis d'Egypte y avait consacrée et dans laquelle chaque écheveau se composait de 360 fils; seulement, il est vrai que, à force d'avoir été touchée pendant toute une suite de siècles, la plus grande partie en avait disparue Dans l'acropole d'Athènes, dans le temple d' Athêné Poliade, Pausanias vit

1) Ampelius, Lib. memor., 8, 5. Cf. Pausan., II, 7, 7 et 8. En Épire, on montrait un pont avec une double rangée de colonnes, que Médée avait fait construire (Ampel., ibid.j 8, 3).

2) Palîsan., I, 27, 1.

3) Ampel., ibid., 8, 10»

*) Pausan*, IX, 40, 6.

2) Procop., Bell. Goth., IV, 22 s. fin.

^) Procop., ibid.

7) Herodot., III, 47 fin* Plin., Hist. Nat., XIX, 1 (2), 12. Par contre, le temple de la Concorde à Rome prétendait posséder l'anneau bien connu du célèbre contemporain d'Amasis, Polycrate de Samos (une sardoine-onvx). Plin., N. H., XXXVII, 1 (2), 3 et 4.

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encore la cuirasse du chef de la cavalerie perse Masistios, tombé à Platée; par contre, il révoque en doute Fauthenticité du sabre de Mardonios, qu'on y montrait également \ On conservait encore à Sparte, du temps de Plutarque, la lance du roi Agésilas Ils ; etPausanias trouva dans le temple d'Asclépios, à Gortyne en Arcadie, une cuirasse et le fer d'une lance que, d'après la tradition des habitants, Alexandre le Grand avait portée et qu'il était venu, disait-on, consacrer à Asclépios^ On montrait, dans les temples de Némée et de Delphes (cf. t. I, p. 327,1), de grandes armes de Mithradate, le terrible roi de Pont*.

En ce qui concernait non plus les temples, mais les autres endroits consacrés par de grands souvenirs, la prédilection avec laquelle on étudiait la littérature poétique, d'une part, et, d'autre part, l'action des nombreux guides des étrangers (voir plus bas), concouraient à assurer sans conteste le premier rang aux traditions issues du passé légendaire ^ Tous, Romains et Grecs, se faisaient montrer de préférence d'antiques éboulements que les guides pouvaient présenter comme les restes de la demeure des héroïnes mythologiques, de Sémélé et Harmonia, de Léda, d'Hélène®. Pausanias, qui est ici notre guide principal, en particulier pour les derniers temps, raconte qu'on lui montra devant les portes de Thèbes la place oïi Cadmos sema les dents du dragon, dont surgirent ensuite des hommes tout cuirassés''. ATrœzène, sur le territoire consacré à Hippolyte, il trouva le temple d'Aphrodite

i)Pausan.,I, 27, 1.

*) Plutarch., Agesil., 19 fin.

3) Pausan., VIII, 28, 1. CuRTius, Pelop., I, p. 357.

*) Appian., Mithrid.j 112.

^) Cf. Friedl^nder, p. 97 sqq.

^) Aristid. Smyrn., Orat., XLIII, p. 549 (éd. Jebb.) ; éd. Dind., vol. I, p. 797.

■î) Pausan., IX, 10, 1. D'autres points encore de la Béotie avaient été jadis le théâtre de prodiges : c'est ainsi que le lieu de naissance d'Apollon se trouvait, assurait-on, près de Tégyre, région féconde en légendes (Plut., Pelopid., 16). Dans la région d'Haliarte, on montrait une fontaine où l'on disait que le jeune Dionysos avait été baigné après sa naissance, ainsi que les tombeaux de Rhadamanthe et d'Alcmène (Plut., Lysand., 28).

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