‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 126 sur 227 · LES ÉTUDIANTS A ATHÈNES · texte numérisé non relu

LES ÉTUDIANTS A ATHÈNES

de tous les pays de TOrient, depuis l'Égyple jusqu'à la Mysie, et, depuis la fin du ui« siècle, la vigoureuse élite des jeunes montagnards de TArménie*, pour laquelle pendant plusieurs dizaines d'années la chaire de Proaeresios fut le fanal de la science. L'appoint des provinces latines est visiblement diminué dans ce siècle ; néanmoins les étudiants de Rome, d'Italie et des autres contrées de l'Occident ne font nullement défaut ^ Si donc le caractère fondamental de la jeunesse académique n'est pas trop changé, sa composition intime a subi dans ce temps une modification essentielle, ce qui augmente précisément l'impression de variété dont nous avons parlé. En effet, c'est aujourd'hui un monde surtout très jeune qui afflue à Athènes. L'usage s'est introduit dans les classes cultivées d'envoyer leurs enfants dès l'âge de quinze ans dans la haute école des sophistes, et Ton y passe en moyenne cinq ans (quelquefois davantage^); comme en outre il vient encore un certain nombre de jeunes gens plus mûrs, par exemple Basile de Césarée, qui avait de vingt-trois à vingt-cinq ans, la physionomie du monde scolaire prend aussi de ce fait un caractère d'exceptionnelle variété.

De ce fait que de très jeunes gens formaient alors la majorité des étudiants à Athènes, résulta une situation qui nous paraît fort étrange. Par une coutume qui se rattache aux anciennes formes de l'éducation, la plupart des étudiants, en quittant la maison paternelle, étaient accompagnés par des pédagogues qui devaient être à la fois les serviteurs, les censeurs, les sur-

*) Cf. ci-dessus, p. 294.

«j Cf. Liban., Epist., 956. Symm., Epist., V, 35. Voy. Sievers, Liban., p. 46.

3) Eunape, dans ses Vit. Soph, y p. 74, parle lui-même entre autres de son âge de 15 à 16 ans (pour Grégoire de Nazianze, on trouve au contraire, d'après le calcul d'UL^MANN, Gregorius von Nazianz, p. 12 et 552, l'âge de 18 ans et même plus). En général, cf. Wachsmuth, Die Hochschule von Athen, p. 12. Sievers, Aus dem Lehen des Libanios, p. 15 et 20 sqq. 31 sqq. Grégoire de Nazianze et Basile restèrent d'ailleurs, surtout Grégoire, beaucoup plus longtemps à Athènes que de coutume. Grégoire doit être venu entre 348 et 350, et être resté jusque vers 360 ; Ullmann, loc, cit., p. 552. Il quitta l'Université d'Athènes à l'âge d'environ 30 ans (Gregor. Nazianz., vol. II, Carmen de vita sua, p. 2 et 4, vers 112 et 239). Sur ces deux hommes, voy. encore Sievers, Libanios ^ p. 20. Clinton, jF. H., I, p. 431. 433.

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