LES ÉTUDIANTS A ATHÈNES
intéressante \ Son éloignement enfin pour les pratiques théurgiques ne le protégea pas seulement lors de la persécution qui frappa, en 371, sous l'empereur Valens, le célèbre Maxime^, mais probablement lui permit de sauver l'avenir de l'école néoplatonicienne à Athènes jusqu'après les sombres temps de Théodose I" et de la deuxième invasion des Goths.
Pouracheverle tableau de l'Université d'Athènes auiv^siècle, il nous reste à donner une petite esquisse de la vie des étudiants de cette époque. Quoiqu'elle ait bien certainement ses raisons dans le train académique que nous avons étudié plus haut, elle diffère cependant en beaucoup de points de ce qu'elle a été au temps d'Hérode Atticos et de Philostrate l'Ancien; de sorte que pour l'observateur moderne elle a un cachet vraiment étrange. L'existence de ces étudiants se déroulant au milieu des m^onuments les plus purs de l'antiquité, dans la ville qui avec Rome a conservé encore la tradition vivante du temps antérieur au christianisme ; développée au sein d'une civilisation saturée d'éléments antiques, et néanmoins pénétrée de plus d'un apport d'une barbarie à la mode ; rappelant tantôt les scènes de Bologne, Padoue, Paris au moyen-âge et plus tard au temps de la Renaissance, tantôt la discipline des universités anglaises du vieux style ; évoquant tantôt les souvenirs de Wittenberg et d'Iéna à l'époque de la Réformation, tantôt ceux des universités allemandes de la fin du xvni" siècle et même de notre époque, cette existence n'en conserve pas moins une intéressante originalité.
La première impression qu'elle nous fait est celle d'une extrême variété. Le monde studieux d'Athènes nous représente vraiment toute la mosaïque ethnographique de l'empire romain. La trame et la couleur de fond sont néanmoins tout helléniques. Mais au stock des étudiants athéniens, péloponnésiens, grecs du centre et du nord, byzantins et insulaires, à celui des étudiants des colonies grecques, vient s'ajouter d'abord la fleur de la jeunesse hellénistique qui affluait en foule
*) EuNAP., p. 57 et p. 65 à 67.
*) Cf. Ammian. Maugellin., XXIX, 1, 42 sqq. Sozomen., VI, 35. Zosim., IV, i5. EuNAP., VU, Sophist., p. 58-64. 66 sq. et p. 110.