GUERRE CONTRE MAXIME ET EUGÈNE
lilions pour le Iruno et les guerres civiles eurent leurs contrecoups sur les Hellènes. On sait que l'empereur Gratien, contre lequel s'était révolté en Bretagne, au printemps de 383, l'Espagnol Magnus Clemens Maximus, fut assassiné à Lyon le 25 août de cette année. Tout l'Occident au delà des Alpes tomba dans les mains de l'usurpateur, et Théodose ne put sauver, par une intervention diplomatique en 384, que la préfecture d'Italie pour Yalentinien IF. Mais lorsqu'éclata , en 387, la grande guerre pendant laquelle Maxime gagna (jusqu'à l'automne) l'Italie et l'Afrique et força Yalentinien II à fuir avec sa mère jusqu'à Thessalonique^ ; lorsqu'enfin, en juin 388, Théodose tourna lui-même ses armes contre Maxime, les Grecs souffrirent très cruellement, comme dans les grandes guerres dynastiques du début du iv° siècle, de la suppression de tous les rapports commerciaux entre leur pays et les provinces voisines outre-mer de l'empire d'Occident. Quelques mouvements militaires s'étendirent même bien près des provinces grecques. Car la nouvelle erronée du prétendu dessein de Théodose d'attaquer l'Italie par mer détermina Maxime à envoyer son général Andragathius avec une flotte nombreuse et bien montée pour observer la mer Ionienne 2. Mais ce général croisa inutilement dans tous lesgolfes et autour des îles de ces eaux, tandis que Maxime lui-même trouvait sa perte, au plus tard le 27 août 388, dans une guerre continentale dans les pays de la frontière italo-illyrienne. La nouvelle guerre dynastique enfin que Théodose dut entreprendre, lorsque le général franc et ministre d'État Arbogast se fut débarrassé, le 15 mai 392, de l'empereur Yalentinien II à Yienne et eut élevé sur le trône d'Occident le rhéteur Eugène, notaire ou chancelier de la cour ^; cette guerre, qui fut déclarée et commencée seulement en juin 394 et se termina dès septembre de la même année par un grand coup en faveur de Théodose,
') Cf. ZosiM., IV, 43. SozoMEN., VIL 13. Sograt., V, 11. 12. Philos-
TOHG., X, 8.
-) ZosiM., IV, 46, 1 sqq. 47, 1 sqq.
2) Dans les négociations qu'Eugène essaya de nouer avec Théodose, lors de son avènement au trône, il se servit, d'après Zosim., IV, 25, 7, d'un Athénien du nom de Rufin. Cf. Sievers, Studien, p. 321.