‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 150 sur 227 · STILICON ET LES GOTHS · texte numérisé non relu

STILICON ET LES GOTHS

Icment encore à la persécution des païens et à la destruction des temples. Aussi, dans tout le monde civilisé de ce temps, il y eut une explosion de colère et d'indignation. Les chrétiens et les païens de ce temps étaient d'accord au moins sur un point, Tamour de la Grèce et la haine des Goths. De même que chez les derniers écrivains païens de ce temps, sans en excepter le soldat Ammien Marcellin, nous trouvons plus que jamais en abondance les souvenirs antiques de tout genre, de même les écrivains chrétiens, eux aussi, comme Grégoire de Nazianze, ne cessent pas, ne fût-ce que par leur polémique, de vivre au milieu des images et des souvenirs du passé classique. Ils étaient nombreux les hommes de toute condition et de toute confession qui avaient étudié en Grèce, qui l'avaient au moins visitée (comme saint Jérôme avant ou après sa vie ascétique dans le désert, 374-378)', qui y avaient passé une heureuse jeunesse , qui aimaient ce pays , véritable île fortunée ou enchantée, asile de la paix au milieu des flots agités du temps. Et voilà que, par la misérable politique de la cour byzantine, tous les malheurs du siècle avaient fondu justement sur cette Grèce avec une intensité inouïe. Aussi la joie fut elle générale lorsqu'on apprit que l'héroïque Stilicon était parti avec une armée considérable de terre et de mer, pour chasser les Goths de l'Achaïe.

Devant cette inactivité et cette incapacité de la cour byzantine, l'héroïque Stilicon était naturellement appelé et autorisé à s'inspirer de la politique théodosienne pour combattre avec les ressources de l'empire d'Occident cette situation de TAchaïe, aussi honteuse que funeste au point de vue politique et matériel, et pour réprimer enfin l'insurrection des Goths. Rien ne pouvait, du reste, mieux répondre à ses vœux personnels ; rien ne pouvait , pensait-il sans doute , mieux le recommander à Constantinople que s'il réussissait à chasser les Goths des provinces grecques. Nous ne savons pas quelles négociations eurent lieu entre lui et la cour du Bosphore

*) Cf. La Vita Bivi Hierotiymi deMARiANUs Vigtorius Reatinus dans son édition des Epistolae Hieroriymi, Vol. I, p. lô. Voy. encore W. S. Teuffel, Gesch. lier Mm. Litteratur, 2" éd., p. 987 sqq.

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