CHAPITRE DEUXlEiME
HISTOIRE DE LA GRÈCE DE CONSTANTIN LE GRAND JUSQU'AU DÉBUT DE LA DEUXIÈiME GUERRE DES GOTHS
Constantin le Grand. — Groupement et bureaucratie des provinces grecques.
— Bureaucratie de TAchaïe. — Postes et voies romaines. — Nivellement des constitutions municipales en Grèce. — Les décurions. — Les impôts.
— Diète provinciale d'Achaïe. -- Fondation de Constantinople. — La nouvelle capitale considérée dans ses rapports avec le monde grec. — Constantinople parée des œuvres de l'art grec. — L'Uuiversite de Constantinople. — Christianisme^ épiscopat et catholicisme unitaire en Grèce. L'empereur Constant. — La Grèce sous Constance II. — Proscription du culte païen. — La querelle des évéques à Constantinople. — Proconsuls d'Achaïe. — Le prince Julien à Athènes. — Révolte de Julien. — La Grèce sous Julien. — Julien restaure le paganisme. — Julien considéré comme bienfaiteur de la Grèce. — Argos et Corinthe. — Julien et les chrétiens. — L'empereur Jovien. — L'empereur Valentinien P^". — Liberté de conscience. — Les gouverneurs de la Grèce. — Tremblements de terre. — Les Grecs au service de l'État romain. — Anciens cultes en Achaïe. — L'Université d'Athènes. — Sa situation générale au point de vue extérieur et financier. — Nomination des professeurs de sophistique. — - Le proconsul-curateur. — Appréciation du professorat athéiiien. — Les professeurs considérés comme champions de l'hellénisme. — Le professeur Julianus. — Le professeur Proseresios. — Le professeur Himerios. — Attitude des Athéniens à l'égard de leur Université. — L'Université depuis le règne de Julien. — Les néoplatoniciens : Priscus. — Les étudiants. — Les corporations. —- Les brimades. — Traits de mœurs de la vie des étudiants.
L'ère nouvelle, qu'ouvrait pour la Grèce la victoire définitive de Constantin sur tous ses rivaux politiques et sur les derniers champions armés de l'ancienne religion, assura à ce pays pendant les cinquante premières années les bienfaits d'une paix et d'une tranquillité ininterrompues. C'est donc au point de vue deThistoire de la civilisation que la Grèce nous intéresFera surtout pendant cette période. L'influence sur la situation des Grecs, d'une part , de l'accomplissement par Constantin des réformes de Dioclétien, d'autre part, de la fondation de Constantinople ; les conséquences du triomphe décisif du christianisme; enfin l'état florissant de l'Université
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d'Alhènes pendant le iv*" siècle : tels sont les points dont nous aurons à nous occuper surtout dans celle étude.
C'est un fait généralement rccpnnu aujourd'hui dans le monde savant, qu'il faut attribuer à Tactivité universelle et créatrice de Dioclélien la plus grande part, et de beaucoup, dans l'établissement des formes nouvelles sous lesquelles se présente à nous l'empire romain dans le premier quart du iv'" siècle. Néanmoins la tradition historique rattache toujours cette grande révolution au nom de Constantin. Et cela non seulement parce que ce grand homme, par les ruses terribles de sa diplomatie et son génie militaire, a rétabli l'unité dans l'empire tombant en ruines sous les coups des nouvelles guerres dynastiques, et que, par l'abolition totale de l'ordre de succession si peu pratique de Dioclélien, il introduisit dans l'empire le nouveau principe des dynasties permanentes et de la légitimité dans la succession au trône ; mais aussi parce qu'il acheva systématiquement et dans les plus petits détails le sy'stème de gouvernement et d'administration imaginé par Dioctétien, et que, par la création de la nouvelle capitale de l'empire, Constantinople, il donna une base solide et permanente à ces réformes ainsi qu'à la révolution ecclésiastique, si importante dans l'histoire de l'humanité et qui exerça son influence sur toutes les afl'aires de ce temps. Mais comme l'histoire de la Grèce dans cette période ne s'élargit pas, ainsi qu'au temps de la première guerre des Goths et plus tard au temps d'Alaric, jusqu'à devenir le cadre de toute l'histoire de l'empire ; comme, au contraire, la Grèce n'attire notre attention, jusqu'à la bataille d'Andrinople contre les Goths, que par le côté ecclésiastique et académique de son histoire ; nous pourrons nous borner à faire ressortir les points trop peu nombreux oii, dans l'état actuel de nos connaissances, le nouveau système de Constantin a laissé pour la Grèce des traces observables.
La grande innovation de ce temps, la plus considérable de toutes, qui aboutit à la séparation complète de la puissance militaire et de la puissance civile dans les provinces^ n'a eu évidemment qu'une petite imporlance pour la Grèce, étant donnée sa situation intérieure et extérieure. Après