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Elle crie : Vive Pélardy! Vive Paris! La trahison de l'agent! Son arrestation! Le peuple suit et erie comme la municipalité. On arrive à l'hôtel du gouvernement. La foule l’inonde. Au milieu de cette foule, Robinson déclare au chef de la colonie que, vu son projet de trahir le gouvernement de la métropole, il est déchu de ses fonctions d’agent du Directoire. Cette déclaration était soutenue par deux compagnies envoyées par Paris, Fune de dragons et l’autre de grenadiers du bataillon de la réunion. L'agent est mis en état d’arrestation , sous la surveillance de cette troupe. :
Cependant l'administration municipale de concert avec les délégués de la Pointe-à-Pitre, avait reconnu que Pélardy n'avait pas ce qu’il fallait pour être placé à la tête de la colonie. On arréta donc, tout en se jetant dans le mouvement imprimé par la Pointe-à-Pitre, de lui donner une autre direction en reconnaissant Paris pour agent du Directoire. Cette résolution fut portée au général le 6, à 4 heures du matin. Le pouvoir ne se refuse pas. Paris accepta. Mais, inférieur en grade, il avait des ménagements à garder envers Pélardy; il était nécessaire aussi de présenter aux habitants de la Pointe-à-Pitre ce second acte de la conspiration comme un produit spontané et libre des vœux du peuple. Dans ce but, le programme d’une comédie fut arrêté et le rôle des personnages distribué. Celui de Paris consistait à faire conduire Desfourneaux, à 6 heures du matin , à bord d’un navire mouillé sur la rade. * -
Par un singulier jeu de la fortune, ce navire était le Desfourneaux, ainsi nommé et armé en course, il n’y avait pas un mois, sous l'autorisation de l'agent.
Ce premier fait accompli, Paris devait réunir toutes les troupes sur le Champ-d’Arbaud, sous le prétexte d’une revue.
L'administration municipale avait gardé pour elle tous les autres rôles.
… Dès avant le jour, elle convoque toutes les autorités, sans leur faire connaître l’objet de Ia convocation. Ces autorités arrivées, on leur annonce que le général Paris les attend sur le Champ-d’'Arbaud. La municipalité prend la tête du cortége,
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qui se met en marche, Le peuple, déjà agité par les événements de la veille et du jour, apprenant le rassemblement des troupes et la marche de la municipalité et des autres autorités, dans l'attente d’un nouvel événement, se porte en masse sur le Champ-d'Arbaud. A cette époque, celte place était beaucoup plus vaste qu'elle ne l’est de nos jours : toute la grande enceinte formant l’ancien gouvernement en faisait partie. Lorsque le cortége y arriva, elle trouva réunies et la troupe et la presque totalité de la population de la ville et des environs.
Robinson, dans un discours préparé pendant la nuit, fait l'historique des événements ; et, comme s’il eût ignoré le choix fait à la Poïnte-à-Pitre de Pélardy pour remplacer Desfourneaux , il insiste sur la nécessité de donner un chef à la colonie. Il dit que l'administration municipale de la Basse-Terre, d’accord avec celle de la Pointe-à-Pitre, et avec toutes les autorités du pays, émet un vœu, c’est que le choix du peuple et de l'armée tombe sur le vertueux Paris, en l’autorisant à s'adjoindre deux collègues pour partager avec lui le fardeau de l'autorité. Rien ne serait changé à l'égard de Pélardy, qui resterait toujours le commandant en chef de la force armée.
Aussitôt ce discours prononcé, les initiés au complot crient : Oui, oui, Vive la République! Vive Paris! La foule et la troupe répondent: Vive Paris! Vive la République! Paris demande à parler et dit :
« Mes camarades, je suis sensible à la confiance que vous « avez en moi; mais, Jeune encore, je me défie de moi. S'il ne « s'agissait que de bonne volonté, de l'amour du bien, personne « assurément ne serait plus propre aux honorables fonctions « auxquelles vous me conviez. Cependant, puisque vous croyez « que je puis être utile à mes concitoyens, si je réunis le vœu « général de la colonie, par dévouement pour la chose publi- « que, j'accepterai les fonctions que vous m'offrez. L'intérêt « m'est rien pour moi; tant que j'existerai, je n’envisagerai « que le bonheur de mes frères. »
Après ce discours, qui ne manquait pas d’habileté, on recommença à crier : Vive Paris!