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Cependant la constitution consulaire ou de l'an vus avait été déjà promulguée dans la métropole. Avec un peu moins d’impatience, les agents auraient pu lire l’article 91, qui portait : « Le régime des colonies françaises est déterminé par des lois « spéciales. »
Bientôt, l’état de celles des caisses qui ne furent pas complétement vidées fit justement appréhender que les ressources ne manquassent pour solder les dépenses courantes et urgentes. Il n’y eut même plus assez de fonds disponibles pour célébrer avec la pompe accoutumée la fête la plus chère aux républicains de la première époque, l'anniversaire de la mort de Louis XVI. Le 21 janvier 1800 ne fut fèté que par des coups de canon et des discours officiels. Dans une proclamation, les agents disaient : « qu'ils étaient bien persuadés que les républicains de « la Guadeloupe n'avaient pas besoin d’une pompe dispen- « dieuse pour être rappelés aux sentiments patriotiques que « doit'exciter, dans tous les cœurs, le souvenir du châtiment « d’un tyran. »
Pour mettre un peu d'argent dans les caisses épuisées, peutêtre aussi pour moutrer, à l'approche du 21 janvier, toute la * distance qui sépare un tyran des administrateurs républicains, les agents prirent leur arrêté du 29 décembre 1799. Par cet arrêté , le fermier d’une propriété nationale était, quant au prix du fermage, réputé dépositaire d'effets publics. Vingt jours lui étaient accordés pour faire le versement au trésor. Ce délai passé, il était considérée comme voleur d'effets publics, arrèté sur-le-champ et poursuivi conformément à l’article 153 de la loi du 24 avril 1795. La peine à appliquer n’avait ni maximum ni minimum : c'était simplement quatre années de fers.
Quiconque achetait du fermier des denrées avant la libération de celui-ci envers le trésor était réputé complice, poursuivi et puni comme recéleur d’effets publics. La peine du complice était la même que celle de l’auteur principal.
Les moyens financiers de Jeannet et Baco pouvaient avoir pour effet de jeter immédiatement quelques fonds dans les caisses de la colonie, mais il est bien certain qu'ils tarissaient
les ressources de l'avenir, en écartant toute concurrence pour : la location des propriétés nationales et en paralysant les opérations commerciales. La totalité presque des denrées de la culonie étant entre les mains des fermiers, il y avait des risques continuels à faire l'acquisition d’une denrée. Le négociant le plus honnète, avec la meilleure foi du monde, pouvait être condamné aux galères de par l'arrêté de Jeannet et Baco.
Partis de France agents particuliers du Directoire, bien qu'il n’y eût plus de Directoire, à leur arrivée dans la colonie ils ne s'étaient pas moins fait installer sous ce titre défunt. Le 15 janvier 1800, ils annoncèrent que, d’après l'ordre du ministre, ils s’'appelleraient désormais les agents des consuls. Les autres agents près l’administration centrale et les municipalités furent qualifiés agents du Gouvernement.
La loi du 1° janvier 1797 avait prescrit une révision générale de la liste des émigrés, afin d’en écarter les personnes qui s’étaient éloignées de la colonie, non dans un but d’hostilité contre la République , mais pour mettre leur vie à couvert par suite des événements extraordinaires dont les Iles avaient été le théâtre. On pouvait compter dans les cas prévus une foule d'individus. On s’en aperçut, et l’on prit des mesures pour élever une barrière contre les réclamations. Du temps de Victor Hugues, sans autrement s’occuper des motifs de l'absence, on réputait émigré tout individu non présent dans la colonie. Dans Ja formation des nouvelles listes, on suivit une autre voie : on fit suivre le nom de la personne absente d’épithètes et de reproches capables de lui enlever jusqu’à la pensée de tenter une ré-
clamation. La manière de procéder de nos administrateurs
apparaitra mieux dans quelques noms pris au hasard dans la liste des émigrés de la commune de la Basse-Terre..
« De Fougère, valet d’aristocratie et perturbateur du repos « public; émigré deux fois, la première à la reprise du pavil- « lon tricolore; rentré avec les Anglais, leur servant de guide; « reparti avec eux ; ayant coopéré à toutes les arrestations des « patriotes.
« Étienne Doube, de couleur, menuisier, mouchard des
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