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« de contre-révolution; parti avec les Anglais à l’arrivée des
« républicains, en octobre 1794.
« Moreau (Saint-Remy), mouchard des aristocrates, arresta- « teur des patriotes, les ayant liés, garottés , battus et conduits « dans les cachots; émigré deux fois, la dernière en octobre « 1794.
« Joseph Thomassau, de couleur, ayant pris les armes contre « la République et contribué aux vexations commises envers « les patriotes ; émigré en octobre 1794. »
La liste générale des émigrés étant dressée, un arrêté du 15 juillet 1800 avait ordonné qu’elle « fût imprimée, envoyée à « tous les fonctionnaires civils et militaires, affichée dans tous « les lieux publics, portes cochères, corps de garde, et en- « voyée aux délégués de l’agence dans les iles alliées et neu- « tres. »
La pensée qui faisait prendre ces mesures n’était pas douteuse : c'était de fermer tout accès aux réclamations, en rendant odieux et méprisables les colons qui, effrayés de la boucherie du camp Saint-Jean , avaient été chercher un refuge dans les colonies voisines. Et qu’on n’aille pas croire à l'exactitude des assertions émises contre les absents ou émigrés, ou du moins qu'on ne suppose pas qu’il faille les prendre dans le sens naturel qu'elles présentent! Ainsi, par exemple, veut-on connaitre le crime de ceux qui étaient accusés d’avoir pris part aux vexations exercées contre les patriotes, en les conduisant en prison ou à bord , en les faisant mettre aux fers? c’est un fait des plus naturels. Sous le gouverneur d’Arrot, la garnison excessivement réduite, le pays n’ayant pas de gendarmerie, on avait eu recours à la garde nationale, soit pour le service des postes et des batteries, soit pour celui réservé ordinairement à la gendarmerie. À ce dernier titre, les gardes nationaux de service avaient reçu l’ordre d’arrèter et de conduire en prison, ou à bord des navires sur rade, un certain nombre d'individus que l'Administration d'alors jugeait ne pas pouvoir garder dans-la colonie sans danger pour la tranquillité publique. Les gardes nationaux n'avaient pas levé l’étendard de la révolte, ils avaient