‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 4)Chapitre 30 sur 123 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mésintelligence entre les agents. —Laveaux quitte la Pointe-à-Pitre. — Son séjour à la Basse-Tcrre. — Résolution de Jeannet et de Baco. — Leur arrivée inopinée à la Basse-Terre. — Arrestation de Laveaux. — Son embarquement. — Accusation portée contre lui. — Quelques traits de l’histoire de Saint-Domingue. — Justification de Laveaux.

Cinq décades, pour compter à la façon de l’époque, ne s'étaient pas encore écoulées’ depuis l’arrivée des agents, que déjà avaient été mis à découvert les vices de notre administration trinitaire, la plus inepte que l’on pût imaginer. Un tel gouvernement n’est possible qu'à la condition que l’un des chefs soit assez supérieur aux autres par l'intelligence ou le caractère pour annuler ses collègues et gouverner seul : tels furent le Premier Consul et Victor Hugues.

De mœurs, de goûts et d'esprit différents, les successeurs de Desfourneaux ne s’accordaient pas sur l’impulsion à donner aux faits et aux personnes. Franc et loyal, voyant les choses d'ensemble et de haut, Laveaux, dans le conseil, apportait de l’opposition aux petites vues, à l’esprit de taquinerie de ses deux collègues. On commença à se défier les uns des autres, puis on se brouilla. Pour quitter ses collègues, Laveaux quitta la Pointe-à-Pitre, siége du gouvernement, et vint habiter la Basse-Terre. À son arrivée dans cette ville, on remarqua qu’il recherchait les hommes de couleur, qu'il avait des conférences avec eux, tantôt dans une maison de la rue du Sable, tantôt dans une autre située sur le morne Clairet. De quelle nature étaient ces conférences? on ne le sait pas bien. Dans ces circonstances, Jeannet et Baco arrêtent d'accomplir un petit dixhuit fructidor. Le 27 février, dans la soirée, ils partent, à

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