‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 4)Chapitre 68 sur 123 · III · texte numérisé non relu

III

car, les préliminaires de Londres n’étant pas encore convertis en traité définitif, le pavillon britannique flottait sur les îlots des Saintes. C’est sur un sol français qu’il veut s’abriter. 11 obtient du Capitaine-général l'autorisation d’aller débarquer. à Marie-Galante. Alors il lève le camp des Saintes’, réunit les troupes de ce camp à quelques soldats qu’il avait amenés de France, et fait route pour Marie-Galante avec les frégates /a Pensée et la Cocarde-Nationale.

Marie-Galante, comme la Guadeloupe, demandant sous toutes les formes des envoyés du Premier Consul, Sériziat ne pensait avoir aucune résistance à vaincre. Cependant, voulant agir avec prudence, il envoya en éelaireur la goëlette la Biche.

De grand matin, M. Briel, fermier de l'habitation Grand’Anse, située non loin du rivage, aperçut une goëélette qui louvoyait afin de s'approcher de terre. C'était la Biche. Bientôt une chaloupe se détache de la goëlette et se dirige sur la terre. M. Briel se rend à l'endroit où l’embarcation allait atterrir. La chaloupe arrivée à portée de voix, l’un des hommes qui la montaient adresse cette question à M. Briel : « — Peut- « on aborder ici? — « Oui, en toute süreté. » Alors deux “officiers sautent à terre. L'un est M. Giraud, aide-de-camp du général Sériziat, et l’autre M. Jominy, officier du génie. M. Briel conduisit chez lui ces deux militaires. Là, ils lui apprirent qu’ils étaient suivis par le général Sériziat avec les frégates la Pensée et la Cocarde-Nationale, et que le général Sériziat lui-même ne faisait que précéder une division française incessamment attendue. Ils lui adressèrent ensuite plusieurs questions sur l’état du pays et sur les dispositions des habitants envers la France. M. Briel les rassura complétement. Alors ils lui remirent pour M. Lignières, commissaire délégué, une lettre et une vingtaine d'exemplaires d’une proclamation que le général Sériziat adressait aux habitants de Marie-Galante, avec prière de lui envoyer le tout par un messager fidèle et sûr, puis ils se rembarquèrent et l'on vit disparaître {a Biche.

Sur les deux heures après-midi, les deux frégates parurent. Elles mirent à terre le général Sériziat, sa suite et environ

= 27 deux cents hommes de troupe, au lieu même où MM. Giraud et Jominy avaient abordé. Le général partit immédiatement pour la ville, ne recueillant sur son passage que des acclamations: Son premier acte fut d'embarquer sur les frégates une compagnié de noirs, commandée par le mulâtre Lapoterie, et qui formait la garnison de Marie-Galante. Établi dans éette dépendance de la Guadeloupe, Sériziat entra aussitôt en relation avec Pélage. Il se servait pour sa correspondance de M. Degournay, jeune officier de marine d'une grande résolution. La mission du jeune Degournay était pleine de dangers. IL fit quatre voyages à la Pointe-à-Pitre. Au dernier, Pélage

Jui dit: — « Vous êtes l’objet des plus grands soupçons. Je. « ne pourrais garantir votre vie... Partez, et ne revenez: « plus. » f

Après Degournay, Sériziat se servit de Louis Merlande et de Girard. Ce général recut plusieurs fais l'invitation de venir prendre les rênes du gouvernement de la Guadeloupe jusqu’à l’arrivée de l’envoyé du Premier Consul. Il en avait le désir, mais il ne pouvait le faire qu'avec une autorisation; il ne l'obtint pas. |

A la nouvelle de la prise de possession de Marie-Galante | par le général Sériziat, Ignace, Massoteau et leurs partisans, dans la pensée que l’expédition avait été dirigée par Lacrosse, poussèrent un long cri de fureur. Pour calmer l'agitation, lé Conseil fit une proclamation, dans laquelle il disait qu’il savait de source certaine que cet officier général avait reçu l’ordre de ne pas sortir de la Dominique. Quelques officiers et d’autres fonctionnaires blancs eurent l’imprudence de se réjouir assez ouvertement de l’arrivée des Français à Marie- Galante; ils ne cachèrent pas non plus la joie qu’ils éprouveraient de les voir maîtres de la ville et du fort Saint-Charles. Les propos ‘de ces militaires, parvenus à Delgrès, grossis, dénaturés, comme c’est l'ordinaire, achevèrent de mettre le feu aux poudres. Delgrès crut ou feignit de croire que les quelques officiers blancs, éparpillés dans la garnison de Ia Basse-Terre, sans soldats, complotaient pour s'emparer du

fort et le livrer à Lacrosse. C'était le 15 février. Delgrès et Massoteau, sur les dix heures du soir, se mettent à la tête d’un fort détachement, et, se rendant chez chacun des officiers suspects, les arrêtent successivement au nombre de douze. L'employé de marine Bossant, faisant les fonctions d’ordonnateur, est également arrêté avec quelques autres fonctionnaires. Toutes ces personnes sont conduites au fort. Le lendemain Bossant est mis en liberté avec ordre de sortir de la colonie dans les quarante-huit heures. Les officiers ayant été déportés, allèrent joindre Sériziat à Marie-Galante.

Cette troupe opérant dans la nuit, ces arrestations, dont Ja cause n’était pas connue, et qui pouvaient être une mesure prise contre tous les blancs, jetèrent l’épouvante dans la ville. L’agitation de l’effroi, les démarches, les courses de chacun dans ses préparatifs pour aller chercher un refuge dans les îles voisines, se présentèrent aux yeux de Delgrès, exalté et troublé, comme un mouvement insurrectionnel qui se préparait contre son autorité. Pour mieux défendre le fort, lui et Massoteau allèrent s’y fixer. Faisant braquer des canons sur la Basse- Terre, il déclara aux habitants que le moindre mouvement de leur part en faveur de Lacrosse donnerait le signal de la destruction de la ville.

Massoteau avait un allié dans l'agence municipale, c'était Mondésir Grippon. Comme lgnace, comme Massoteau, cet agent poussait à l'indépendance; mais, à la municipalité, il était seul à professer ces idées. Toutefois, Delgrès, pensant que l’agence municipale était à lui, lui écrivit de se tenir ferme à son poste et de faire publier. à son de caisse un enrôlement volontaire. L'agence lui répondit, à la date du 16 février : |

« Nous avons reçu ce matin la lettre par laquelle vous « nous marquez de nous tenir ferme à notre poste. — Nous y « sommes.

« Vous nous enjoignez de faire proclamer au son de la « caisse un enrôlement volontaire. Nous croyons devoir vous « exposer que la ville est dans les plus grandes alarmes, et. « nous croyons que ce serait les prOpABGE que de le faire. La

« mesure que vous avez prise de faire scrutiner les volon- « taires doit suffire pour le moment. Cependant nous devons « vous observer que la manière dont on arrête indistinctement « les citoyens noirs dans les rues pour les conduire au fort, « non-seulement jette l'effroi partout, mais encore présente « le plus grand danger vis-à-vis des ateliers qui pourraient se « débander, circonstance qui fait toute notre sollicitude. »

La lettre de l'agence municipale dit à peu près ce qu'était l’enrôlement volontaire de Delgrès et de Massoteau. Des escouades de cinq hommes armés parcouraient les rues de la ville, et tous les nègres rencontrés, quels que fussent leur profession et le lieu de leur résidence, étaient racolés et conduits au fort, la baïonnette dans les reins. Tous ces noirs étaient armés et on leur donnait pour chefs des hommes comme Rigaud, lequel fut fait lieutenant. Delgrès et Massoteau avaient un gouvernement à part. Tous leurs actes étaient conçus et exécutés sans qu'ils en donnassent le moindre avis au Gouvernement provisoire. Ce n'étaient pas seulement les habitants de la ville qui étaient effrayés, mais encore les capitaines des navires sur rade, qui, dans l’appréhension d’une conflagration terrible, faisaient rembarquer les marchandises qu’ils avaient mises en Magasin.

L’embarras du Gouvernement provisoire fut grand, en apprenant ce qui se passait à la Basse-Terre. 11 ne savait quelle détermination prendre. Son intention étant, — comme il l’a déclaré plus tard, — « de rattacher les révoltés au joug qu’ils « avaient brisé pour les livrer, en quelque sorte, liés et gar- « rottés à Richepance, » il dut se convaincre que sa tâche serait rude et qu’il lui serait difficile de l’exécuter complétement. Destituer Delgrès et Massoteau parut impossible ; c'eùt été d’ailleurs une mesure dont ceux qui en auraient été l’objet n'eussent tenu aucun compte. Pélage pensa alors à se rendre à la Basse-Terre, pour prendre sur les lieux une résolution quelconque; il:en fut empêché; on craignit qu'il ne füt arrèté par ses lieutenants et que ceux-ci, en se mettant à sa place, ne composassent un autre Gouvernement provisoire

qu’ils se seraient efforcés de rendre définitif. On arrêta de faire partir Frasans, l’orateur, l’homme aux expédients du Gouvernement provisoire. Aussitôt son arrivée, Delgrès, Massoteau et d’autres officiers, leurs partisans, se rendirent chez lui: à leur contenance et à leurs discours, Frasans s’aperçut qu’ils comptaient que c'était Pélage qui serait venu se livrer. Ne doutant pas de leurs projets subversifs, il fut réduit à dis

simuler, à paraître accepter les faits accomplis, afin de pénétrer le motif pour lequel ïls avaient agi sans donner aucun avis au Gouvernement provisoire. Il ne put obtenir que cette réponse donnée par Massoteau: « Qu'ils avaient pris cette « mesure, parce que leur vie et leur liberté avaient été me- « nacées et que le danger était des plus pressants. Qu’au « surplus on travaillait à un rapport qui serait incessamment « communiqué. » Le membre du gouvernement jugea prudent de ne pas pousser plus loin la curiosité. Il se contenta d'engager Delgrès et Massoteau à quitter le fort et à revenir occuper leurs anciens logements; à reparaitre dans la ville; à montrer des dispositions pacifiques afin que les habitants, justement alarmés, revinssent à la confiance , en se persuadant que les actes de violence commis avaient été commandés par la nécessité et n’annonçaient pas, de la part des autorités de la Basse-Terre, un système arrêté de persécutions contre une classe de la société.

A cette occasion, Pélage et les autres membres du Gouvernement provisoire ont dit dans leur mémoire : « Tout imposait « la nécessité de flatter, de caresser ces tigres. »

Cependant le Gouvernement provisoire, ne comptant :pas beaucoup sur l'effet de ses caresses pour empêcher Delgrès et Massoteau de se livrer à de nouveaux excès, s'arrêta à une mesure qui lui sembla plus efficace. On s'était aperçu que Massotéau exerçait une influence fächeuse sur Delgrès, porté paturellement à garder dans ses actes plus de réserve et de modération. Le Conseil décida de séparer ces deux chefs, de laisser Delgrès commander l'arrondissement de la Basse-Terre, mais d'enlever Massoteau à ses fonctions de commandant de place. 11 ne s'agissait pas de le distituer, mais de le replacer

à la tôte de sa compagnie, en garnison à la Pointe-à-Pitre. Pélage manda Massoteau près de lui. Il se dispensa d’obéir, en alléguant tantôt un prétexte tantôt ur autre. Près d'un mois s'était écoulé ‘dans cette situation. Le Gouvernement provisoire dut y mettre un terme, sous peine de ne garder qu'une autorité nominale et de parade, Gédéon avait été désigné pour remplacer Massoteau comme commandant. de place. Pélage et Frasans se rendirent à la Basse-Terre, en se faisant accompagner du nouveau commandant et de plusieurs officiers dévoués, déterminés, capables d’exécution, au nombre desquels était le chef de bataillon Caillou, et d’un détachement de dragons composé d'hommes également sûrs et intrépides.

Arrivé à la Basse-Terre sans être attendu , Pélage fait aussitôt battre Le rappel. La garnison et la garde nationale s’assemblent sur le Champ-d’Arbaud. Pélage se présente, fait reconnaître Gédéon en qualité de commandant de place, et donne l’ordre à Massoteau d'aller reprendre le commandement de sa com-. pagnie. On jugea prudent toutefois de faire surveiller les démarches de cet officier jusqu'au moment de son départ. La situation était si tendue, le péril si imminent, que le Conseil crut avoir remporté une grande victoire en retirant Massoteau de son poste sans effusion de sang. |

L'influence d’un seul homme est incalculable. Massoteau remplacé par Gédéon, la Basse-Terre eut le calme et le repos. Sauf un fait étranger à la politique; cette situation se maintint jusqu'à l’arrivée de Richepance. | |

Depuis la révolution, la Guadeloupe n'ayant eu que de rares relations commerciales avec la métropole, la monnaie française était complétement inconnue dans cette colonie. On ne se servait dans les échanges que de la monnaie étrangère. L'unité monétaire était la moëde, pièce d’or valant 66 livres argent colonial, ou 35 francs 64 centimes. On disait tant de moëdes comme aujourd'hui on dit tant de francs. Mais la moëde avait été tellement rognée qu'elle était loin de représenter la valeur de 66 livres. Dans le haut commerce, elle n’était prise

que comme lingot, après avoir été pesée. Mais l’homme du peuple, qui avait une moëde, entendait, exigeait, peu importait le poids, qu’on lui remit en échange 66 livres. Il en gésultait des contestations journalières. Le soldat surtout, abusant du relâchement de la discipline, en achetant chez le marthand un objet de peu de valeur, voulait le forcer à lui remettre en argent le surplus de la moëde au taux de 66 livres. Lorsque le marchand s’y refusait, le soldat prenait de force des marchandises pour une somme de 66 livres, jetait une moëde sur le comptoir et se retirait. Par suite, des rixes nombreuses avaient eu lieu. Les choses furent poussées à cette extrémité que, le 20 mars, les négociants et les marchands, à la Basse- Terre, fermèrent leurs magasins et leurs boutiques, afin de se soustraire soit à une perte certaine, soit aux actes de violence et de brutalité des militaires. Il était urgent de remédier à cet état de choses. Le 24 mars, Roustagnenq, faisant fonctions de pr éfet, prit une décision par laquelle Ja moëde, dont la valeur est ixéeà 66 livres, argent colonial, ne serait reçue pour cette somme qu'autant qu’elle aurait le poids de érois gros, ou deux cents seize grains. Celle d’un poids au-dessous de trois gros ne devait être reçue que pour 22 livres le gros, ou six “pl, un dernier un tiers le grain.

Le général Sériziat avait fait Connaitre à Pélage l’arrivée prochaine d’une division française avec des troupes commandées par Richepance. Les membres du Conseil reçurent avec bonheur la nouvelle de l’arrivée d’un envoyé du Premier Consul; ils brülaient d’être déchargés d’un fardeau qu'ils ne supportaient qu'à force de courage, de résignation. et de dévouement. On était en doute sur le point d'atterrissage de la division; elle pouvait se présenter aussi bien à Ja Basse-Terre qu'à la Pointe-à-Pitre. Le Gouvernement provisoire, voulant être prêt à tout événement, rédigea une lettre pour Richepance, fit faire une collection de tous ses actes depuis le renvoi de Lacrosse, et expédia le tout à Bernier avec mission, si la division se présentait devant la Basse-Terre, d'envoyer le paquet à bord du vaisseau amiral, par une dé-

putation que composeraient le commerce, l’armée et la municipalité.

Les députés désignés furent Artaud pour la municipalité, Louis Plet pour le commerce, et Victor Dauphin pour l'armée.

Au milieu des ordres donnés à Bernier, il y en avait un dont l'exécution pouvait entraîner les-plus graves complications : le Conseil voulait que le commissaire du gouvernement, tout en invitant le chef de la division à se rendre à terre avec son état-major, ne permit pas le débarquement des troupes avant l’arrivée à la Basse-Terre de Pélage et de ses collègues, « afin « de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’in- « telligence et le bon ordre qui doivent régner de part et « d'autre dans une circonstance de laquelle dépendra sans « doute le salut de la colonie. » C'était revenir aux idées de Delgrès qui voulait traiter, faire des conventions avant que de se livrer. Mais le Premier Consul n’entendait pas entrer en négociation avec les hommes qui avaient chassé le Capitainegénéral. Pour lui, c’étaient des insurgés qu’il fallait châtier. D’après ce qui s’est passé, il est clair que Richepance n’eût écouté aucune proposition, pris aucun engagement, soumis le débarquement des troupes à aucune condition. Pour être conséquent avec les instructions données à Bernier, il aurait fallu se préparer à la guerre, se tenir prêt à repousser par la force l’envoyé de la France. Le Conseil n’y songeait pas. Pourtant les instructions envoyées aux autorités de la Basse-Terre y tendaient forcément. C’étaient les mêmes que Toussaint-Louverture avaient données à ses lieutenants. Lorsque Leclerc se présenta devant le Cap, que lui répondit Christophe? « Qu'il « n'avait pas d'ordre pour laisser débarquer l’armée française ; « que le commandant en chef était absent ; qu'il fallait attendre « une réponse. » C'était exactement ce que les autorités de la Basse-Terre auraient été dans la nécessité de répondre à Richepance. Celui-ci, pas plus que Leclerc, n'aurait tenu compte de cette réponse , et la guerre eût éclaté à la Guadeloupe comme elle avait éclaté à Saint-Domingue. Sur les observations de

Bernier et de l’agence municipale, le Conseil retira ses premières instructions.

Mais, au môment où se prenaient ces dispositions, la division destinée pour la colonie n'avait pas encore quitté le port de Brest. Le 3 mai, un aviso étant venu apporter aux Antilles la nouvelle de la signature du traité d'Amiens, fit savoir en même temps que la division, à son départ, n’attendait que l'instant de mettre à la voile et qu'elle devait être en mer. Le Gouvernement provisoire donna aussitôt l’ordre de préparer des logements et des rafraichissements pour six mille hommes. Douze pilotes côtiers se tinrent prêts à se rendre à bord des vaisseaux pour les conduire au port. Le 4, le Gouvernement provisoire adressait à tous les habitants de la colonie la proclamation suivante : | |

La division qui vous apporte un nouveau Capitaine-gé- « néral va paraître : le général Richepance est celui qu’envoie « le Gouvernement consulaire. Il vient avec la nouvelle offi- « cielle de la signature du traité définitif de paix. Quel moment « plus beau pouvait-il désirer pour son entrée! Sous quels plus « heureux auspices pouvions-nous l’attendre ? |

Le général Sériziat accompagnera le Capitaine-général : « personne n’ignore combien il s’est acquis déjà de droits à « notre confiance, par sa modération, sa prudence et ses « vertus.

« Livrons-nous donc à la joie; tout nous y invite. Ainsi cet

« heureux dénouement, que nous avons tant de fois annonce, « achevera de convaincre de la pureté de tous les cœurs. : « Que les campagnes restent calmes et n ‘interrompent pas « d’un instant leurs travaux. | & La paix! la paix! vive à jamais la République! vive le « Gouvernement consulaire! vivent nos frères d'Europe! » Le même jour, on aperçut, entre la Désirade et Marie-Galante, onze gros navires que l’on supposa être la division attendue. Le lendemain il n’y eut plus de doute ; c’était la division. Pélage envoya à Richepance son aide de camp Pru dhomme avec la lettre que voici :

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