‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 4)Chapitre 73 sur 123 · LS · texte numérisé non relu

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fiance justifiée, dans la volonté des bons citoyens, dans l’affection, dans l'énergie des armées; qu'il est respecté par tous les cabinets des rois, et béni de tous les enfants de la République.

« Ces guerriers que j’amène parmi vous, sont une partie de ces héros, sur les victoires et l'affection desquels s’est élevé, le dix-huit brumaire, le nouvel édifice constitutionnel : allez, leur a dit le gouvernement français, mettre le comble à votre gloire, en triomphant de la dernière résistance qu'é-

prouve l'autorité dans des contrées éloignées ! Là , il existe.

moins des ennemis à combattre que des erreurs à faire césser : votre présence les dissipera. Les habitants de la Guadeloupe ont aussi payé leur tribut de courage, en empêchant l’envahissement de leur territoire. I est dans la profession des armes une heureuse sympathie, qui unit par les liens de l'honneur tous les défenseurs de la patrie ! Ils

voudront être les associés de votre réputation : ils verront. en vous des frères; et bientôt les anciens nœuds, qui les .

attachaient au centre commun, seront de nouveau resserrés. « C’est un devoir à moi, citoyens, de réaliser cette espérance; c’est aussi le vœu de mon cœur. Ces braves soldats, qui tant de fois ont affronté la mort dans les combats contre les ennemis de la France, ne seront iei que les protecteurs

de vos foyers, des modèles des vertus suerrières, des

Français comme vous. Les actes d'autorité de leur chef seront aulant de garants de votre félicité; vous en devancerez les effets, par un retour volontaire au bon ordre, par une entière soumission au Gouvernement que je représente, par l’oubli de toutes les haines! Mais si le grand ministère que je viens remplir parmi vous laissait quelques esprits à persuader, et qu’il fût encore des insensés capables de vouloir, comme par le passé, méconnaitre le pouvoir légitime, sur leur tête aussitôt éclaterait la vengeance nationale, si longtemps contenue : la mort et la honte devicndraient leur partage.

or

Les événements de la soirée de la veille, joints à l’avis que lui donnait Pélage, déterminèrent le général en chef à se rendre . sans tarder à la Basse-Terre. Brunet avait opéré son débarquement au Gosier sans rencontrer aucune résistance. Laissant un détachement à Fleur-d’Épée, il était venu rejoindre Richepance à la Pointe-à-Pitre. Le général en chef, ayant toutes ses forces sous la main, fit partir par terre, sous le commandement du chef de bataillon Merlen, environ 800 hommes composés du 5° bataillon de la 15° et d’une partie des troupes coloniales venues de Marie-Galante. Et, voulant de sa personne arriver à la Basse-Terre par la voie de mer, il donna l’ordre d’embarquer sur les frégates les deux bataillons de la 66° et les compagnies non formées en bataillon, en tout environ 4,800 hommes. Les autres troupes furent laissées à la Pointe-à-Pitre avec les généraux Sériziat et Dumoutier.

De nos jours, à l’aide d’un bateau à vapeur, on peut sortir de la Pointe-à-Pitre à toute heure et par tous les vents; mais, à l’époque dont il s’agit, les gros navires étaient dans la nécessité de se faire remorquer par des embarcations à la rame, opération qui ne pouvait se pratiquer que le soir et le matin, deux moments de la journée où il fait un calme presque parfait dans le port et dans la passe. À moins de tenter une sortie de nuit, avec le risque de se jeter sur les récifs, les instants du jour pendant lesquels le vent tombe complétement étant en outre généralement très-courts, il était rare qu'on füt assez favorisé pour mettre dehors plus d’un navire, soit le soir, soit le matin. Le 7, aucune frégate ne put sorlir. Le 8, on eut la certitude qu'il serait impossible de faire prendre la mer à toutes. Alors on se détermina à se servir d’embarcations légères pour transporter les troupes, qui étaient sur les frégates, à bord des vaisseaux mouillés au Gosier. Ce transbordement fut long, pénible, et ne se termina que le 9. Survint une nouvelle contrariété, le calme. Il en résulta que Richepance, malgré l’activité déployée, ne put se présenter devant la Basse- Terre que le 10, à midi.

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