‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 5)Chapitre 111 sur 140 · LE BAT · texte numérisé non relu

LE BAT

conduits par l’amour de la science, avaient pénétré dans ce lieu redoutable. L'entrée de cette caverne était située dans la partie nord-ouest de la montagne. Elle était basse, et l'on ne pouvait. y passer qu’en se courbant. Entré dans la grotte, on se trouvait | immédiatement dans une obscurité profonde. Après avoir fait environ vingt pas sur une pente assez rapide, vous retrouviez le jour, qui venait d’une fente placée sur votre tête et dans le flane de la montagne. Ici, on jouissait d’une fraicheur agréable. De cette première salle on passait dans une seconde, dans laquelle régnait une température chaude. S'avançant encore, on arrivait dans une troisième grotte : là, vous étiez'saisi d’une chaleur insupportable, la respiration devenait difficile, la sueur vous inondait, les flambeaux étaient près de s’éteindre : en faisant deux pas de plus dans la direction où. semblait être le foyer du calorique, les flambeaux s’éteignaient. Ce fut dans } cette grotte qu’au mois d'août 1808 .M. L’Herminier, chimiste distingué, père de notre modeste et savant médecin, a été asphixié, et aurait perdu la vie sans de prompts secours. | A gauche, la grotte continuait. Celui qui était assez hardi pour s’y aventurer, demeurait étonné de voir les flambeaux se« raviver et de sentir une douce fraicheur : en s’avançant encore. toujours en descendant, le froid devenait excessif. Personne n’a atteint les limites de la grotte. En 1797, les membres d’une commission nommée pour faire un rapport sur le volcan, voulant franchir l’espace où commence le grand froïd et où s'était arrêté Peyssonel, entendirent le bruit d’une eau coù rante : effrayés, ils se hâtèrent de revenir sur leurs pas. : = En 4791, une partie de la voute s'étant écroulée, l’entréede. la caverne fut déplacée, et se trouva désormais à la fente. par laquelle venait la lumière, après qu’on avait pénétré dans la première salle. Aujourd'hui il n’est plus possible de visiter Ma caverne : des éboulements, qui ont eu lieu lors du ces ment de terre du 8 février 1845 ; en ont bouché’ l'entrée. La Soufrière est la plus haute des montagnes de la Gael loupe. On lui donne une élévation de seize cents mètres au dessus du niveau de la mer. Par sa position au milieu d'autre

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raontagnes encadrant la commune de Ja Basse-Terre, elle dessine pour la ville le panorama le plus majestueux comme le plus pittoresque. À son sommet, la vue est enchanteresse, C’est à la fois le paysage le plus varié, le plus riche et le plus étendu. Là, pour la vue, les mornes ct les vallons se convertissent en plaines, On a sous ses pieds, d’un côté la Basse-Terre , et de l’autre la Pointe-à-Pitre. La Grande-Terre, semblable à une carte de géographie étendue sous vos yeux, vous montre tous ses contours ; ses champs de cannes à sucre, ses moulins à vent agitant leurs bras, ses ilots, sa Rivière-Salée, et le magnifique port de la Pointe-à-Pitre, animé par les navires à l’ancre, ou qui, sous voiles, y entrent ou en sortent. Les regards quittant cette riche campagne, pour se porter plus loin vers un horizon sans fin, s'arrêtent sur les iles des Saintes, de la Désirade, de Marie-Galante, de la Dominique, de fa Martinique, de Mont- Serrat, d'Antigue, de Nièves et de Saint-Christophe.

IlLarrive, quelquefois, qu’un nuage vient se placer au-dessous de l’observateur, et entre lui et l’une de ces îles ; alors cette île paraît être dans le ciel.

Ce ravissant spectacle contraste avec la nature désolée que l’on foule du pied.

Lorsqu'on examine les grands déchirements de la montagne, ces larges excavations dans lesquelles le regard ne peut plonger pour en mesurer la profondeur, ces énormes quartiers de rochers jetés en désordre les uns sur les autres, ces roches calcinées: alors, par la pensée, se reportant aux anciens jours, on se fait une idée de l’effroyable activité qu'a dû avgir le volcan. À quelle époque cette activité s’est-elle ralentie? C'est probablement ce que la science elle-même ne.saura jamais.

Christophe Colomb nous apprend qu'après avoir découvert la Guadeloupe, il aperçut, au centre de l'ile, un rocher pointu et d’une grande élévation, d’où sortait une grande quantité d'eau, et avec un tel bruit qu’on l’entendait de son bord, ee qu’il fût à douze kilomètres de la côte.

Il est probable que le volcan, dans ce moment, était en éruption.

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