‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 5)Chapitre 60 sur 140 · PT 1 RE · texte numérisé non relu

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faveur des bâtards, et finit par le gagner à la cause des montagnards, en montrant Collot complice des modérés et des planteurs pour ne pas accorder aux hommes de couleur tout ce que la nation française veut leur donner. Auguste gagné, Sabathier-Saint-André et lui s'associent André-Mane, Noël et Jean-François, lesquels, après Auguste, exerçaient le plus d'influence dans la paroisse. Ils promettent aux libres l'héritage de leurs pères, et aux esclaves la liberté. Dans la nuit du 28 au 29 août, un rassemblement de mille à douze cents nègres se forme. Ces révoltés pillent les habitations et s’emparent de toutes les armes qu'ils peuvent trouver. A la vue du péril, une portion de la garde nationale de Sainte-Anne attaque sans délibérer les révoltés, en tue quelques-uns et disperse les autres. Collot, qui se trouvait à la Pointe-à-Pitre, instruit du danger qui menace la colonie si l’on donne à la révolte le temps de s'organiser, se rend sur les lieux en se faisant accompagner d'une partie de la force armée de la Pointe-à-Pitre et des paroisses adjacentes. Avec une partie de ces troupes il prend une position centrale, et ordonne à toutes les paroisses circonvoisines de marcher sur lui le 50 au matin, afin de lui jeter tous les fuyards. Ce mouvement exécuté avec ensemble et précision fut couronné d’un plein succès. La plupart des révoltés furent tués ou pris. Au nombre des morts on compta Auguste et André-Mane.

Les révoltés vaincus, on propose de faire juger sur-le-champ les prisonniers par un tribunal militaire; Collot adhère à cette proposition. Un tribunal est organisé. On juge, condamne, exécute plusieurs prisonniers. Dans leurs interrogatoires, ces malheureux déclarent avoir été séduits, entraînés, poussés par Sabathier-Saint-André. Collot donne avis au comité de sûreté des charges qui pèsent sur ce représentant et demande son arrestation. Le comité, sans se condamner lui-même, ne pouvait laisser méttre en jugement celui qui, pour ainsi parler, avait été l’exécuteur de ses œuvres. Loin de répondre à la demande du gouverneur, il s'élève contre le tribunal militaire, proteste contre sa formation, appelle CoHot tyran sanguinaire ;

improuve la conduite de ses commissaires, — Gerlain, Blanchet et Louison, — qui, à tour de rôle, avaient présidé le tribunal, casse tout ce qui a été fait; et, pour récompenser

Sabathier-Saint-André de la dénonciation du gouverneur, élève

ce représentant à la présidence de la commission générale et extraordinaire.

Collot, de retour à la Basse-Terre, accablé de fatigue et d’ennuis, la santé altérée, se retira au Matouba , afin de prendre quelques jours de repos. Aussitôt Verdelet se rend au club de la Basse-Terre et donne la nouvelle de la fuite du gouverneur. IL s’est esquivé, dit-il; il a émigré dans la colonie anglaise de Mont-Serrat. Collot fut obligé de quitter sa retraite et de venir, par sa présence, détromper les citoyens abusés.

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