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ait justice le 21 janvier. Les hommes qui, voulant combattre ne se rangeaient du côté du gouverneur, comme aussi ceux qui manifestaient des sentiments de justice ou d’ humanité,
élaient dits des aristocrates. Le maire.et les officiers municipaux qui s'étaient opposés au massacre de juillet ne furent plus à la hauteur de la révolution. C’est surtout dans la classe des libres que les montagnards de la Guadeloupe pensaient trouver un ferme appui. Dès qu’un membre de la commission générale venait à manquer, les meneurs le faisaient remplacer par un homme de couleur. Verdelet écrivait à un frere : « Nous vous « prévenons qu’une nomination, cabalée par nous, a amené « dans notre sein, pour adjoints, à votre absence, les citoyens « de couleur Jacob Dupar et Claude, de la Basse-Terre. »
- La commission générale ne cachait plus ses projets. On savait même qu’elle avait fixée au 20 décembre la mise en activité du “gouvernement révolutionnaire. Afin d'attirer dans la ville un grand nombre d'hommes de couleur et de les avoir sous la main au moment décisif, elle imagina de renouveler les funérailles de Coudère.
Collot, pour surveiller les manœuvres du comité de sureté, avait envoyé à la Pointe-à-Pitre le citoyen Henry, commandant de la force armée indemnisée. Instruit de ce qui se tramait, lé gouverneur quitta la Basse-Terre le 17, pour se rendre par terre à la Pointe-à-Pitre. Il n’était accompagné que de quelques hommes de couleur sur lesquels il comptait. Rendu à la Capesterre, il reçut, pendant la nuit, la lettre que voici : Pointe-à-Pitre, le 19 décembre 1793.
Cher général,
« Je vous écris à la hâte, et avec participation du citoyen maire « et du citoyen Dano, président du comité de surveillance, et « du commandant Lafolie. 26%
« Ces magistrats ont découvert la plus noire et la plus san- « guinaire des conspirations pour nous immoler tous à la fureur « de la faction du comité de sûreté. Demain, à l'issue des funé- « railles de Coudère, on doit faire main basse sur moi, sur le « maire, sur les officiers municipaux et sur le commandant. Et « pour l’exécution de cet horrible assassinat, ils ont appe « de tous les quartiers, comme je vous l'ai mandé par ma lettre « d'aujourd'hui, qui vous aura été remise par Ferraud ou Mon-
« désir, des citoyens nouveaux pour se renforcer et consacrer « le sacrifice avant votre arrivée; et peut-être sur votre chemin « ya-t-il des assassins apostés pour vous empêcher de pénétrer « jusqu’à moi.
« Je vous engage donc et je vous RE , aussitôt la présente « reçue, de vous environner dans le lieu où vous serez et « ainsi successivement de paroisse en paroisse, de toute la force « qu'il vous sera possible de réunir, avec le choix qui convient « aux circonstances, de manière à arriver sur nous avant neuf « heures du matin.
« Duc est monté à cheval pour rassembler les dragons des « Abymes. Petit est parti pour le Morne-à-L’eau et le Petit- « Canal, afin que tout se réunisse avant l'heure déterminée. « Casaubon part également pour Sainte-Anne, et amènera force « suffisante, de manière à former autour de nous un cercle de « bons citoyens et à faire tomber les poignards.