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mauvais état, et qu’il ne restait plus en magasin que 500 kilo-
grammes de poudre. Il termina par déelarer que, dans son opinion, la défense n’était pas possible ; qu’il n’y avait même pas -à songer à opposer une résistance sérieuse.
- Dans de semblables moments, lorsqu'on ne sait à quoi se résoudre, c’est le premier avis qui est adopté. Le citoyen Bourjac proposa de nommer des commissaires. Cette idée accueillie, on décida qu'il en serait désigné quatre par, paroisse. Immédiatement on nomma par acclamation, pour Îa paroïsse de la Capesterre: les citoyens Coquille, Hotessier père, ‘ Cadet Duclos et Faussecave père; — pour le Vieux-Fort : les citoyens Partarrieu, Enard, Romain cadet et Bonneterre- Roussel; — pour le Grand-Bourg : les citoyens Bourjac, Lamière, Cartaide et Roussel ainé. Le peuple assemblé donna à ces commissaires le pouvoir d'agir en son nom pour le plus grand avantage de la République et pour la conservation de la colonie, ne limitant l'étendue et la durée de ce pouvoir qu’à la fixation du sort de la colonie.
Quant à l’assemblée coloniale administrative, voyant que toute son autorité passée allait être dévolue aux nouveaux commissaires, elle demanda et obtint, afin de ne pas cesser d’être, de nommer dans son sein un membre par chaque paroisse, avec l'attribution spéciale de surveiller les finances.
Les commissaires ne virent qu'un moyen de salut pour la colonie, c'était qu’elle ne fût pas attaquée par les Anglais, et, dans le cas d’une attaque, qu’elle se rendit sans opposer de résistance afin d’être mieux traitée. Dans ce but, ils défendirent de tirer sur les navires anglais qui s’approcheraient des côtes.
La Guadeloupe étant envahie, le commandant militaire de Marie-Galante voulut mettre lile en état de siége, mais les commissaires s’y opposèrent, et prirent, à la date du 24 avril 1794, l'arrêté que voici :
« Considérant que cette colonie a été absolument aban- « donnée, depuis la déclaration de la guerre, par les généraux « et délégués de la République, et privée de tous les secours « qui lui étaient nécessaires et qui leur avaient été demandés ;
« Considérant encore que les îles de la Martinique, Sainte- « Lucie et Grande-Terre sont déjà conquises, que la Guade- « loupe est assiégée, et qu'il ne reste plus aucun espoir de « secours et de moyens pour la conserver à la République;
« Considérant enfin que dans cette cruelle position c’est un « devoir pour l'assemblée de veiller à la conservation des pro- « priétés, et que l'intention de la République n’est pas de régner « sur des cendres et sur des débris ;
« Arrête que la proclamation du commandant militaire res- « tera sans effet, et que les commissaires sont autorisés à pré- «parer dans leur sagesse les conditions qui leur paraîtront les « plus avantageuses pour le bonheur de la colonie.
« Invite tous les citoyens à l’harmonie, à la paix et à une
« union générale de cœur et d'esprit qui, en confondant tous
« les intérêts, doit préparer le salut commun et la tranquillité « detous. » fs
Peu de jours après , les Anglais envoyèrent dans la dépendance quelques hommes qui y tinrent garnison. Il ne fut plus alors question ni de république, ni de liberté, ni d'égalité, ni de fraternité, ni même d'indépendance. Marie-Galante rentra paisiblement dans le giron de la Guadeloupe. Pour administrer l'ile, les Anglais nommèrent un commissaire dans chaque paroisse, : savoir : M. Coquille, au Grand-Bourg, M. Hotessier, à la Capesterre, et M. Bourjac, à Saint-Louis; mission dangereuse, qui coûtera la vie aux trois colons!