‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 5)Chapitre 79 sur 140 · S 08 ER ARS · texte numérisé non relu

S 08 ER ARS

I ne s'agira donc plus de défendre l’ile contre une entreprise |

de l'ennemi, mais de la reconquérir. Aux forces des commissaires, les Anglais avaient à opposer environ quatre mille hommes de troupe de ligne, abondamment pourvus de toutes les choses nécessaires à la guerre, appuyés par une partie de la population de la colonie, et protégés par quatorze vaisseaux ou frégates et dix-huit autres bâtiments de guerre. À ces forcés déjà si imposantes, comparées aux nôtres, l'ennemi pouvait joindre toutes celles des îles voisines. Il les appellera !

La division eut la chance de ne faire, en route, aucune rencontre fâcheuse. Le 2 juin, elle était dans les eaux de la Guadeloupe. Rendue:près des côtes de la Grande-Terre, on apprit à bord, par des hommes qui montaient une barque, tout ce qui s’était passé dans la colonie. Les Anglais en étaient

les maitres, mais les commissaires se présentaient dans des cir-

constances heureuses : l’escadre ennemie était absente, mouillée dans les ports de la Martinique; le général Dundas, le plus résolu comme le plus intelligent des chefs anglais, venait d’être emporté par la fièvre jaune; la Grande-Terre était dégarnie de

troupes; les Français une fois à terre, une foule de colons, en

butte aux vexations des vainqueurs, courraient se ranger sous les drapeaux de la République.

Cependant, tenter la conquête avec les moyens dont on sr sait était chose périlleuse. Les chefs, assemblés, délibérèrent sur le parti à prendre. Les hommes du métier, les généraux, . comptant les hommes sous leurs ordres, hésitaient : ils se de-

mandaient s’il ne serait pas sage de suivre les instructions du ministre, portant recommandation : « s’il y avait impossibilité

« de débarquer, de gagner les États-Unis d'Amérique et de

« retourner en France. » Venant à opiner, Victor Hugues dit : « Nous sommes partis pour venir à la Guadeloupe. Nous y « voicil Le fait que les Anglais y sont arrivés avant nous ne « peut nous empêcher de débarquer. Allons à terre! »

La résolution de débarquer étant prise, on ne perdit pas un instant. Les troupes furent mises à terre au Gosier, à la pointe dite des Salines. Des forces françaises aux Antilles étaient

Page 1