CHAPITRE V
Gouvernement de Victor Hugues. — Commissaires dans les communes. — Comité de surveillance révolutionnaire. — Commission militaire. — Tribunaux révolutionnaires ambulants. — Proscription des noms rappelant-un souvenir religieux ou monarchique. — Nouveaux noms. — Démolition de l’église de la Pointe-à-Pitre. — Cendres du général
Dundas jetées à la voirie. — Une fête républicaine: — Discours de Victor Hugues. — La municipalité transférée à l’église de Saint-Francois.— Le Te Deum républicain. — Croyance du peuple.— Les émigrés dans les bois. — Dénonciations. — Chasse. — Le nègre Jean-Louis. — La guillotine à la Basse-Terre. —- La fusillade à la Pointe-Noire. — La guillotine à la Pointe-à-Pitre. — Les suppliciés. — Déportation. — Les femmes et les enfants des émigrés. — Langage et formes de Victor Hugues. — Une opinion de Marat.
Après l'expulsion des Anglais, Victor Hugues, délivré du soin de la guerre, étendit à toute la colonie les formes de son gourvernement, qui, jusqu'alors, n’avait fonctionné qu'à la Grande- Terre. Ces formes étaient simples comme les formes du despo tisme. Ainsi d’abord Victor Hugues, commissaire de la Convention, expression vivante de la loi, de l'autorité et de [a puissance; puis, comme intermédiaire, chargé de recevoir les - ordres du chef suprême et de les mettre à exécution, un commissaire dans chaque commune; en troisième ligne, une municipalité dont les membres, selon l’occasion, étaient nommés par le commissaire de la commune ou directement par Victor Hugues. Les fonctions de cette municipalité étaient circonscrites dans les limites d’une surveillance de police et dans le soin d’apposer et de lever les scellés sur les propriétés séquestrées ou confisquées. Enfin, comme sanction de la volonté du proconsul, la guillotine, mise en mouvement par une commission militaire:
Dans les premiers jours, cette commission fut présidée par Chavidan , chef de bataillon et sans-culotte accompli, ensuite par Carpentier, ancien huissier de la Martinique. Il est à remarquer que les huissiers ont joué un rôle important dans les grandes scènes révolutionnaires, aussi bien en France qu’à la Guadeloupe. Maillard, le terrible président des massacres de
septembre, était huissièr. Dans la colonie, outre Carpentier,
nous aurons à parler de Gauguery et de quelques autres. A quoi attribuer cette disposition d'esprit? Les anciens huissiers avaient upe certaine instruction, et, cependant , ils étaient repoussés,
tenus à l'écart : serait-ce qu’ils avaient amassé dans leur cœur
de Ja haine éontre une société qui les avait placés si bas dans l'échelle des relations sociales, et que, la barrière étant abaissée , ils donnaient cours à leur animosite?
Carpentier était de la Picardie. Époux et père, venant chercher fortune aux colonies, il avait laissé à Breteuil sa femme et ses deux filles. Sa femme légitime ne le préoceupait guère. Il l’avait remplacée par une négresse du nom de Françoise, dont il se faisait accompagner en tous lieux. Cet homme, quienvoyait au vengeur Maurisseau des têtes à couper, sans plus d'émotion que lorsqu’autrefois il signifiait une cédule, aimait le plaisir et avait des amis qui, comme lui, menaient bonne et joyeuse vie. Quelquefois, en sortant du tribunal, il se mettait à table et réjouissait ses convives par de gais propos. Voici, à ce sujet,
une lettre, en date du 51 mai 1795, que l’un des familiers de
Victor Hugues écrivait au citoyen Marc Solier. « Liberté, Egalité. pie | « Mon cher Solier....... Je compte aller avec ma femme
« au port de la Liberté la décade prochaine. Je Py verrai,
« j'espère. Dis à Carpentier qu'il nous faut des œufs au beurre
« noir, avec une queue de morue et une salade à la crème. « Comment se porte-ti1? A-t-il toujours la fièvre? Engage-le.
« à se guérir le plus promptement possible, car mon arrivée « dans votre pays doit faire époque. Je suis un des patriarches .« de la bande joyeuse, et nous pourrions, à nous trois, y jeter « les fondements d’une pareille société. Embrasse pour moi
« la belle aux doux yeux. Je souhaite que les exhalaisons mé- « phitiques de la Pointe n'aient point endommagé son regard. « Je t'embrasse et suis tout à toi.
| « SÉRANE. )
À côté du tribunal présidé par Carpentier était un comité de surveillance révolutionnaire, composé de huit membres, dont voici les noms: Darboussier père, Saint-Gassies, Baptiste, Pénicaut, Fournier, Lamarque, Gourand et Levanier. Ce comité, toujours en permanence, fonctionnait avec deux membres, dont l’un servait de président et l’autre de secrétaire. Ses. attributions consistaient à accélérer la. marche du tribunal. Ainsi il recevait les dénonciations, entendait les témoins, interrogeait les prévenus et envoyait à Carpentier une besogne
toute faite.
- La commission militaire. et le comité de surveillance révolutionnaire étaient établis à la Pointe-à-Pitre. Mais comme un. seul tribunal et une seule guillotine n’auraient pu suffire aux besoins du moment, Victor Hugues institua des tribunaux révolutionnaires ambulants, chargés de parcourir les communes et de les épurer par la mort. Ces tribunaux, dont l’un fut présidé par Conseil, lieutenant de vaisseau, et l’autre par P. Piaud, officier d'état-major, laissèrent partout des traces sanglantes de leur passage.
IL y avait bien encore l'autorité: militaire: mais dans une proclamation du 21 décembre 1794, Victor Hugues disait le rang qu’elle devait occuper dans la hiérarchie républicaine. « Il n’y « a plus de gouvernement militaire, plus de tyran. Les chefs « de la force armée ne sont que des républicains salariés par « l'État pour se dévouer à sa défense. Leurs pouvoirs se bor- « nent à la limite d'un camp, à la police des troupes, et cessent « entièrement sitôt qu'ils se trouvent au milieu du peuple. « Nulle partie de l'administration ne leur est confiée. »
C’est que le proconsul était déjà jaloux de Pélardy, qu'il ne tardera pas à chasser de Ja colonie. Pour convaincre le peuple que les chefs militaires n'étaient rien, il usait envers ceux-ci de procédés auxquels n'aurait pas songé le tyran le plus accompli,
et cependant Victor Hugues déclarait que la race des despotes
avait cessé d'exister. De ses soldats il faisait des capitaines et de
ses capitaines des soldats, et cela avec une brutalité de formes et d'expressions dont il n’y avait pas encore eu d'exemple. C'est ainsi que Laviolette, capitaine de gendarmerie, fut fait simple gendarme, puis quelques semaines après réintégré dans son grade; que Mabire, capitaine d'artillerie, fut destitué pour cause d’intrique, d’ignorance et de cabale, et que trois mois après il était rétabli dans ses fonctions, pour recevoir la mission de confiance d’aller commander à Marie-Galante.
Les montagnards, on le sait, pour faire place à la déesse de la Raïson, avaient dépeuplé le ciel, et descendu de leurs niches les saints et les saintes. Victor Hugues se serait gardé de ne pas imiter ses maîtres. Aussi, l’un de ses premiers actes administra-
tifs fut de débaptiser les communes qui portaient un nom de
saint ou de sainte. De Sainte-Rose il fit Tricolore, de Sainte- Anne, Fraternité, et de Saint-François, Égalité. Pendant qu'il était en train, il changea également les noms des communes qui rappelaient un souvenir monarchique; il en donna même
de nouveaux à quelques autres lieux, sans autre motif apparent que celui de substituer à des noms consacrés par le temps
des noms à la mode. Ainsi le Port-Louis fut dit lePort-Libre ; la Pointe-à-Pitre, le Port-de-la-Liberté; le Grand-Bourg de Marie-Galante, la Réunion; la batterie des Irois, la Carmagnole ; le Champ-d’Arbaud, le Champ-de-Mars.
Quand on songe que ces puérilités ont été imitées de nos
jours, en plein dix-neuvième siècle !
Les personnes qui n'étaient pas à la hauteur de la révolution
avaient, elles aussi, donné un nouveau nom à la Pointe-à-Pitre:
faisant allusion aux horreurs dont cette ville était le théâtre,
elles la désignaient sous le nom de Pointe-à-Crimes.
Il y avait des noms que Victor Hugues affectionnait, tels
furent ceux qu’il donna à ses premiers corsaires : le Prend-Tout, le Çaira, la Carmagnole, le Sans-Culotte, la Révolution, le Tyrannicide, le Poignard, la Guillotine.
Achevons, par deux traits, d’esquisser le caractère de Victor
ro 2
D sr
Hugues. Au combat du 2 juillet, une cinquantaine de soldats anglais avaient trouvé, dans l’église de la Pointe-à-Pitre, un abri contre la fusillade meurtrière des troupes républicaines. Ces soldats faits prisonniers, Victor Hugues ne voulut pas les égorger; mais il se retourna contre l’église qui les avait sauvés. Pour punir le monument de ce crime, il en ordonna la démolition. Un pareil acte inspire une pensée de pitié, car, malgré soi, on est agité d’un doute : on se demande s’il n’émane pas d’un esprit en démence? Mais, à l’autre trait, le sentiment qui saisit toute la population fut un sentiment d'horreur. Le général Dun- das avait été inhumé au fort Saint-Charles. Ce cadavre, Victor Hugues ne voulait pas le savoir là; il disait qu’il souillait le territoire de la République. Un jour, à sa voix, la tombe s’ouvre; le cadavre, déjà en putréfaction, en est arraché.et placé dans un tombereau; ce tombereau traverse la ville dans toute sa longueur et s'arrête dans le lieu dit le fort Ramousse; là, les tristes restes du général sont jetés à la voirie. Après ce spectacle abominable, le commissaire de la Con- . vention ordonna les préparatifs d’une fête. IL s'agissait de la plantation, sur le Cours-Nolivos, d’un arbre de la liberté. Toute la population de la ville et des environs y fut conviée, avec ordre de ne s’y présenter que décorée de la cocarde tricolore.
Les hommes étaient tenus de la porter au chapeau et les femmes
sur la poitrine. La municipalité seule allait être privée du spectacle. Le maire était M. Vatable, et l’agent national M. Sérane. La municipalité, malgré sa diligence, ne put devancer Victor Hugues $ur le lieu de la fête. Celui-ci, voulant la façonner tout d’abord à l'exactitude et à la liberté des montaguards, en fit arrêter tous les membres, en présence de la foule, et les fit conduire à la geôle, le maire en tête.
Le gouvernement de Victor Hugues avait un avantage, c'est qu’il ne procédait pas par surprise. On sut de suite à quoi s’en tenir. La signification des mots liberté et égalité fut claire, sans équivoque possible : égalité voulait dire que chacun et tous” étaient sous le même joug, courbés sous la même volonté; /iberté, signifiait obéissance ou la mort.
L'arbre de la liberté fut planté à l’un ‘des bouts de la promenade, non loin de la fontaine. On dressa alentour un trophée avec des boulets et des éclats de bombes. A l’autre bout de la promenade, Victor Hugues fit élever un monument auquel il donna la forme d’un mausolée. Sur le devant était une urne taillée en relief sur une pierre jaune. Sur cette urne on lisait :
« Aux mâûnes des défenseurs de la patrie, morts pendant la « conquête de la Guadeloupe, apres six mois et huit jours de « combats (1). »
L'arbre de la liberté planté, Hugues se rendit Sobe to thol lement à l’ église de Saint-François. Monté en chaire ; il gratifia les assistants d’un discours trempé dans toutes les idées du temps. Il leur assura que la vérité allait désormais descendre de cette même chaire d’où jusqu'alors on n’avait laissé tomber que des paroles de mensonge. Pour péroraison , il apostrophà, avec des épithètes injurieuses , les femmes qu’on lui avait signalées comme ayant peu de sympathie pour le sans-culottisme. Il fit, au contraire, l’éloge des autres; il leur recommanda de persévérer dans ces bons principes et d’y élever leurs enfants. Il ajouta que l’un des moyens les plus sûrs de donner aux enfants du goût pour les nouvelles vérités, c'était de les faire prier matin et soir; mais que la République n'avait qu’une prière, l’hymme des Marseillais; disant cela, il entonna la Marseillaise, qui fut chantée en chœur par l’assemblée.
Peu de jours après parut un arrêté qui entrent Péglise |
(1) Ce monument, le seul qui ait été dressé à la Basse-Terre pour per- pétuer un souvenir, fut soumis à bien des vicissitudes. Ernouf, trouvant qu'il nuisait à la régularité de la promenade, le fit transporter sur l’un des côtés , à l'entrée de la rue de la Savane, la face donnant sur la mer. Les Anglais, venus en 1810, laissèrent subsister le monument, mais firent
gratter l'inscription. Au mois de septembre 1850, le maire de la Basse-
Terre, afin que, de la rue de la Savane, on eût toute la vue de la mer, fit démolir le mausolée. On était occupé, dans ce moment, à des travaux d’embellissement pour la promenade : les pierres du monument, cOnfondues avec d’autres débris, furent jetées à la mer, ou M pu : à faire
du macadam. |
en maison de ville. Cependant la chaire était conservée. Chaque décade, à l'heure où le prêtre, le dimanche, avait coutume de dire la messe, le maire ou l’agent national devait y monter, et là, prononcer un discours sur un sujet moral ou patriotique.
La municipalité prit possession de l’église lé 8 février 1795. Cette prise de possession se fit avec pompe. Ce fut une fête à la: quelle furent conviées toutes les autorités. La municipalité quitta son ancienne salle au milieu d’un cortége imposant de troupes de toutes armes. «< Rendu dans la nouvelle salle, — « dit le procès-verbal d'installation, — le maire, monté à la « tribune, dans un discours analogue à la fête du jour, a dé- « montré l'énormité de la doctrine prêchée ci-devant par les < ministres de l’église et l'erreur dans laquelle ils entretenaient « le peuple. La cérémonie se termina par le Te Deum répu- « blicain. » |
Le Te Deum républicain, c'était l'hymne des Marseillais (4).
-Rendant compte de la fête à Victor Hugues, le maire terminait sa lettre ainsi : « Les citoyens se sont présentés avec zèle et « onttémoigné beaucoup de joie à entendre l’expression sacrée « de la vérité s’élever dans le même lieu où l’imposture et la «’ superstition préchaient leur doctrine mensongère. »
Victor Hugues avait ouvert la voie, et chacun, désireux de Jui faire la cour, parcourait la même route. Mais il n’est pas facile d’enlever au peuple sa croyance. Il ne raisonne pas, lui, il lève les yeux au ciel, il voit et il croit. Au Val-Canards, dans la commune de Gourbeyre, sur le bord de l’ancienne route conduisant de la Basse-Terre à la Pointe-à-Pitre, dans un lieu ombragé, est une pierre de grande dimension. Sur cefte pierre, avec de la bonne volonté, on croit apercevoir la double em-
(1) Voici à quelle occasion le chant de Rouget de l'Ile avait pris la place du 7e Deum. Après la bataille de Valmy, Kellermann écrivit au ministre de la guerre pour obtenir la permission de faire chanter, en mémoire de cette journée , un 7e Deum dans son camp. Le ministre , qui alors était Servan , lui répondit : que /’kymne national, connu sous le nom des Marseillais, était le Te Deum de la République ; que celui-là était le seul digne . de frapper les oreilles du peuple français.
preinte d’un pied humain et d’un sabot de cheval. A côté, affectant la forme ronde, est une petite cavité; par sa situation, la cavité recoit presque la totalité des eaux pluviales tombant sur la pierre. Au Val-Canards il pleut souvent. Dans la cavité il y a donc toujours de l’eau. Pour le nègre, Dieu et Satan ont passé par là. Le pied humain, c’est eelui du bon Dieu; le sabot de cheval, le pied du diable; l’eau de la cavité, de l’eau bénite. Or, tandis que l’on s’efforcait de lui persuader qu'il n’y avait pas de Dieu, que Jésus-Christ n’était qu'un brave sans-culotte, méchamment mis à mort par les aristocrates; qu’on l’éloignait des temples et le contraignait, soir et matin, à chanter, pour prière, le Te Deum républicain, lui, passant au Val-Canards, s’arrêtait pieusement devant la pierre, trempait ses doigts dans l’eau de la cavité et faisait le signe de la croix.
Les planteurs avaient mis le plus grand empressement à fuir ; cependant, tous n'avaient pu quitter la colonie : plusieurs, surpris dans leurs préparatifs, n’eurent que le temps de gagner les montagnes. On en comptait quelques-uns dans les bois du Vieux-Fort et du morne Boucanier ; mais le plus grand nombre s'était réfugié dans la forêt qui s'étend de Sainte-Rose à la Pointe-Noire. 11 y en avait encore dans les bois de la Gabare; mais ceux-ci provenaient du camp Saint-Jean. Ils s'étaient sauvés, les uns avant la .capitulation, les autres tandis qu’on les conduisait au morne Savon pour être fusillés. Sans vivres, sans vêtements, tremblant que leur retraite ne fût découverte, | ces proscrits trainaient l'existence la plus misérable. Ils-étaient placés entre deux morts, celle de la guillotine, ou celle, plus . lente, que leur apporterait la faim. Ils s'étaient imaginé qu’en faisant des signaux les croisières anglaises les apercevraient et pourraient venir à leur secours; et, pendant la nuit, on voyait des feux s’allumer sur différents points des montagnes. Ces signaux étaient en effet aperçus des vaisseaux anglais qui y répondaient par des fusées. Mais les feux allumés par les proscrits n'avaient que le dangereux inconvénient de signaler les:lieux de leur refuge.
Il est vrai que l'autorité n'en avait pas besoin ; la dénoncia-
tion suffisait. À cette malheureuse époque, dénoncer c'était aire acte de bon citoyen. On ne pouvait être sans-culotte accompli sans être dénonciateur: c'était la morale qui avait cours ; elle était dans la loi. Un décret de la Convention nationale, du 6 décembre 1792, promettait une récompense aux dénonciateurs. Sur les assignats, la monnaie du peuple, on voyait écrit : « La nation récompense le dénonciateur. » Chacun, pour gagner la récompense, se hâtait de porter sa dénonciation. On dénoncait pour perdre un ennemi, venger une injure, quelquefois pour obtenir l'emploi du dénoncé. La délstion était d’ailleurs accueillie avec la même facilité qu’elle était faile. Accuser quelqu'un de n’importe quoi suffisait pour qu'il fût mis en état d’arrestation. Exemple :
… Édouard dénonce Élizabeau comme ayant des principes contraires à la révolution ; Élizabeau est un enfant de quinze ans : il est arrêté!
Lagrange dénonce Jean-Marie Amalber. C'est un aristocrate, dit Lagrange, et Amalber est jeté en prison.
Mathurin 4vait été affranchi, avant la révolution, par Giraud Charbonnière. Il accuse son bienfaiteur d’aristocratie, et l’on se saisit de la personne de Giraud Charbonnière. |
La dénonciation ne croupissait pas dans les bas-fonds de la société, mais surnageait à la surface. Ainsi, Garnaud, trésorier, Peyre, inspecteur général des officiers de santé, ne dédaignaient point ce passe-temps.
Nous le répétons : avec la dénonciation érigée en vertu, il n’y avait pas besoin des signaux des proscrits pour révéler leur retraite. Le citoyen Cardonnet, du Dos-d’Ane, signala la présence dés réfugiés. du Vieux-Fort et du morne Boucanier. Il dénonça, en outre, le sieur Jeanson père comme ayant des relations avec eux, leur portant des vivres.
Chabot, officier de santé, dénonça la retraite des proscrits des bois de la Gabare. Il ajouta à sa dénonciation : « que le « citoyen Polh avait vu plusieurs pelotons de ces coquins, « pendant la nuit, sortir du bois en tapinois, et observer ce qui « se passait au dehors. »