ORDRE GENERAL
« Les troupes du deuxième corps et de la division Brunel, chargées, sous la direction du général de division Bosquet, des nouvelles attaques de droite, ont vigoureusement ouvert la tranchée devant la tour Malakoff.
» Dans la nuit du 14 au 15 mars, les troupes aux ordres du général Bisson, de tranchée; ont fait de très-bonnes preuves. Deux compagnies d'élite du iC'de ligue ont enlevé avec beaucoup de résolution les embuscades de reiinemi. La compagnie de grenadiers du capitaine Ch::n;panhet a noianiment montré la plusgraiule énergie, en défendant, contre des assaillants très-nombreux, le poste qu'elle occupait. Menacée dans sa position, au point du jour, par une masse considérable d'infanterie, elle a été soutenue par trois .compagnies du régiment des tirailleurs algériens, qui, à la voix du chef de bataillon Gibou, se sont jetés sur l'ennemi avec la plus brillante audace, l'ont mis en déroute et rejeté dans la place.
1) Le commandant des troupes russes a été grièvement blessé ; le commandant en second a été tué.
1) Du 15 au IG mars, les troupes dirigées par le général de tranchée de Failly, nont pas opéré avec moins de vigueur, en avant de la parallèle , "pour l'enlèvement et la destruction des postes russes. Le 2« bataillon du 3"^ de zouaves, sous la direction immédiate du colonel Brancion,du 50" de ligne, s'est jeté sur l'ennemi avec son entrain babiiuel, et on a vu so dérouler, dans cet épisode militaire très-intéressant, des actions individuelles fort honorables pour leurs auteurs.
» Cet ensemble de travaux exécutés sous le feu de l'cnucmi et mêlés de combats dans lesquels, d'après des rapports qui viennent de l'ennemi lui-même, rassiéj;é a toujours éprouvé des pertes considérables , fait le plus grand hnnneur à l'énergie des troupes qui viennent de débuter dans la pratique dithcile et laborieuse des opérations de siège.
• Le corps du génie, dirigé .i la droite parle colonel Erossard, s'y est fait remarquer par sa solidité accoutumée et une activité incessante à laquelle s'est constamment associé le chef d'escadicui d'état-major de traiiciiéc.
> A l'extrême gauche de nos attaques, l'assiégé a fait, dans la nuit
UISTOIHK Dli LA GLliKRE D'OIUEINT.
du IS au 16 mars, une sortie considérable sur le point défendu par la coniia,';nie de vnltijjours du S' réjjiiiiciil de la léyion étrangère, capitaine ISerIrand, et |Kir la '" compagnie du I 0« bataillon de chasseurs à pied, commandée parle sous-licutenanl Bèdes. Averties par leurs vedettes, ces deux compagnies ont attendu avec le plus jjrand calme l'ennemi jusqu'à quelques mètres seulement du parapet de la tranchée, i'ont Tusillé presque à bout port;int, puis l'ont assailli à la baïonnette, sans commettre la faute de le poursuivre au loin. Malgré la promptitude el le soin qu'il met à enlever ses morts et ses blessés, l'ennemi en a laissé vingt-neuf entre nos mains et autant en avant du parapet, sur le terrain qu'il a parcouru dans sa retraite précipitée. Il a perdu dans celte opération au moins le tiers de l'clTectif engagé.
» Cette action courte et brillante honore les troupes qui l'ont accomplie. Elles ont montré le calme qui convient aux vétérans du siège, et je fécililc avec elles le chef de bataillon l'Héritier, du 2" réi;iment de la légion étrangère, dont les habiles et fermes dispositions ont pleinement réussi.