AU GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE
Spa, le 10 octobre 1870.
Monsieur le Ministre,
J'ai eu l'honneur de vous adresser, sous la date du 8 octobre courant, une lettre par laquelle je vous exprimais mon désir de consacrer mes services militaires à la défense de mon pays, comme je vous l'avais déjà proposé. '
J'avais été voir M. Taschard, ministre de France à Bruxelles, pour lui faire part de ma résolution.
Je suis toujours dans les mêmes dispositions, Monsieur le ministre, mais je viens de lire dans plusieurs journaux des décrets qui placent l'autorité militaire sous la dépendance d'autorités civiles pour la défense du pays. Déjà plusieurs généraux ont refusé de prêter leur concours en présence de pareilles mesures, subversives de tous les principes de la guerre.
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Ce n'est qu'avec de l'ordre et de la régularité, et surtout avec une bonne discipline, que l'on peut compter sur les afmées.
Comment admettre la subordiniation vis-à-vis de généraux subordonnés eux-mêmes à un homme qui, par la nature de ses fonctions, n'entend rien ni à Torganisatiori ni à la direction des affaires militaires?
J'ai donc le regret. Monsieur le ministre, d'être obligé d'ajourner mon vif désir de me rendre à Tours, jusqu'à ce que l'autorité militaire ait recouvré un pouvoir qui lui permette d'accepter une aussi lourde responsabilité que celle de la vie des hommes appelés à défendre la patrie.
Veuillez agréer, etc.
Général Cousin de Montauban
Comte DE PalikaO.